Réaction à chaud après les premiers épisodes. Depuis, j'ai un peu tempéré ma critique.
La nouvelle série américaine serait de la trempe de Six Feet Under, argh, on nous fait avaler n'importe quelle promo marketing ! C'est un soap tout ce qu'il y a de plus tiré par les cheveux, pire, un ramassis de pensées les plus réacs, une vraie busherie basée sur l'hypocrisie, la délation, le mensonge, le chantage, la jalousie, le racisme, le pouvoir du fric et la morale des gagnants... Et pas l'ombre d'une allusion critique... Le découpage est des plus systématiques, aucune surprise : un secret honteux confié à un tiers suivi d'un chantage ! Etonnant, ces femmes au foyer sont toutes des pin-ups de magazine. Seuls les dialogues relèvent un peu le niveau. Mieux vaut acquérir la série 4 de Six Feet Under qui vient de sortir en DVD, meilleure cuvée depuis la 1.
P.S. : deux ans plus tard, je ne reviens pas sur le fond de ma critique (l'utilisation systématique du chantage comme ressort de l'intrigue me fait toujours autant vomir), mais je dois reconnaître que la série s'est considérablement améliorée avec la saison 2. Les comédien(ne)s sont toujours aussi bons, le scénario est devenu beaucoup plus fin avec des rebondissements étonnants et une critique du machisme qui s'est bien développée. Il semblerait que la série plaise d'ailleurs beaucoup plus aux femmes qu'aux hommes. Je laisserais bien de côté la saison 1 pour attaquer directement la 2 qui m'a réellement épaté. C'est rare que la 2 soit meilleure que la 1...
Commentaires
Ecrit par : Donny
Desperate Housewives est une série qui dépeint avec beaucoup de finesse et de discernement une société américaine qui rêve encore d'elle-même, mais ne peut que constater qu'elle n'est plus que les cendres d'un vieux rêve aujourd'hui caduque.
Les personnages sont peints sans concession, avec tous leurs qualités et leurs défauts, petits ou grands. Si on s'attache aux personnages, est-ce parce qu'ils ressemblent à nos rêves ou bien aux réalités que nous subissons chaque jour ? Personne n'est tout blanc ni tout noir, personne n'a la solution absolue face aux épreuves auxquelles la vie nous soumet.
Ne pas approuver cette série pour des raisons d'éthique et de morale, c'est se cantonner dans un idéal puéril de monde absolu, un monde qui ne cède pas la place aux sentiments et tel qu'il exista notamment au cours de l'Inquisition.
Cette série est un hymne à la vie, avec tout ce qu'elle comporte de bons et mauvais sentiments, mais qui toutefois nécessite un décodage en la lisant au degré nécessaire. Les touches d'humour notamment sur les mensonges et les jalousies de certains peuvent ne pas êtres captées par quelque personne d'esprit étroit, certes, mais c'est un risque à prendre pour laisser passer le message voulu ; en prenant ce risque les réalisateurs risquent de perdre beaucoup de téléspectateurs au passage, mais au moins cela nous change de séries éculées telles que Six Feet Under (pour ne pas citer les Bisounours) ; de plus, la qualité de la réalisation , du scénario, ainsi que du jeu des actrices (et acteurs) n'a rien à envier à la majorité des séries existantes. Il y en assez des ficelles constamment resservies, un peu de fraîcheur ne peut faire que du bien !
Ecrit par : Magali
C'est le hasard total qui me fait arriver sur ce blog. Curieuse, je lis. Conclusion : le hasard ne fait pas toujours bien les choses ! ça sent le "peine-à-jouir" ici, houps, pardon les "esthètes-intellos-pas-rigolos". Je vous présente toutes mes condoléances : l'absence de second degré chez vous (euh..Jean-Jacques) cela doit vous être très pénible. Brrr, je pars, dès fois que cela soit contagieux ! Bon courage quand même...
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Les saisons se suivent et se ressemblent si souvent. On verra bien comment évoluera la série. La dérive de plus en plus réactionnaire de 24 heures Chrono est en cela exemplaire, le scénario justifie chaque fois un peu plus précisément les exactions du gouvernement de Bush.
Qu'en sera-t-il de ce ramassis de pensées nauséabondes, bourgeoises et chrétiennes ? Drôle d'Amérique blanchie qui ne sait plus mettre en scène que ses pires pulsions égocentriques sans qu'aucune critique n'y vienne noircir le tableau. On attend la série qui se passera à la Nouvelle Orléans après le passage de Katrina, ou qui mettra en scène le racisme ! La critique sociale de Desperate Housewives est bien pensante, bien propre sur elle, anecdotique, simplement suspicieuse, paranoïaque, bien blanche, bien coiffée, et si certains y voient du second degré, c'est l'apanage d'une classe qui compte préserver et défendre ses privilèges, sous couverture biblique.
Ma colère est la même que celle qui mettait en garde contre Kieslowski ou Lars van Trier, des prosélytes talentueux et coupables qui pensent se racheter une conduite en exacerbant leur savoir faire saint-sulpicien. Les indéniables qualités de cette série ne peuvent occulter la critique morale et éthique. Aujourd'hui, exprimer des doutes idéologiques, c'est être qualifié d'étroitesse d'esprit. Est-il plus juste de bouder son plaisir ou de passer pour un cynique ?
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Face aux attaques personnelles bêtes et méchantes, j'avais d'abord répondu en langage chiffré. Inutile de me justifier sur ma sexualité débordante ;-) Mais j'ai dû bloquer les commentaires suivants pour d'autres raisons, une attaque de SPAM assez pénibles à effacer, 300 pubs pour du Viagra, marrant, bien que ça n'ait aucun rapport avec les commentaires de Magali. Il semble que des titres anglais titillent les robots spameurs. J'éviterai dans l'avenir. Quant à la série évoquée, on peut être critique sans être taxé de prise de tête. Dans quel monde vivons-nous ?
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
J'ai rouvert les commentaires de ce billet, parce que c'est le seul du blog qui avait dû subir ce traitement et que j'ai bloqué les spams en instituant un système de mots de passe. Enfin, la série s'améliorant énormément, ma critique ne provoquera peut-être plus autant le courroux de mes lectrices. À y revenir, c'est tout de même une des meilleures séries actuelles, scénario à rebondissements inattendus et malins, actrices formidables, tournage formaté TV évité, et de moins en moins politiquement correct. Je ne dois pas avoir été le seul à exprimer des réserves pour que le feuilleton s'améliore à ce point !
Ecrit par : sümeyye
hallo ich bin euer größter fan "I Love You 4 ever and never" (big love)
Ecrit par : Eva
Lisez Alexis de Tocqueville (De la démocratie en Amérique) si vous voulez mieux comprendre le msg qu'essaye de nous faire passer cette série en dépeignant ainsi cette société américaine (un siècle et demi après la publication de l'essai, on retrouve la même critique des vices de la société démocratique américaine).
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Certes, la lecture de Tocqueville est intéressante pour qui s'intéresse aux Etats-Unis, mais le cinéma et son sous-ensemble, la télévision, ne sont pas simplement affaire de "message". Quand bien même le serait-il, la série réduit son application à de bien pauvres effets de surface. Elle nous caresse dans le sens du poil en évitant les véritables questions de société, deux ou trois concepts moraux suffisant aux scénaristes pour alimenter l'hypocrisie mise en scène. Je me suis à nouveau vite lassé du système répétitif qui alimente les épisodes et j'ai préféré aller découvrir d'autres essais plus excitants tels "Profit" ou "Mad Men".
Ecrit par : jetobserve
Vous me faite rire !!! vous savez pas quoi faire de vos heures et journées, regarder la télé, et surtout des "séries" quel malheur a vous.