Sur les 10,6 millions d’abonnés à l’ADSL en France, on évalue à 650 000 le nombre de connectés parisiens, soit sur les 1,1 millions de logements habités, près de 60% de la population de la capitale (la moyenne nationale est d’environ 40%). Cela fait de Paris une des villes les plus connectées au monde avec une qualité d’infrastructures que beaucoup nous envient. Par ailleurs avec les égouts de Paris, nous disposons des plus grandes galeries visitables au monde, ce qui facilite les déploiements de nouvelles infrastructures, sans multiplier les travaux de voirie.
Paris est déjà intégralement couverte par un maillage dense représentant plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de câbles. ADSL, réseau câblé, fibre optique ou CPL (courant porteur libre), le choix est vaste. Les bouleversements technologiques en cours, comme le développement du nomadisme avec les technologies sans fil WIFI, WIMAX, les réseaux 3G, mais aussi avec l’arrivée de la fibre jusqu’aux immeubles ou même chez les particuliers, conduisent la Ville de Paris à définir une stratégie et une action en matière de haut et de très haut débit.
La Ville de Paris va engager immédiatement une série d’actions qui favoriseront le déploiement des réseaux nouveaux et la mutualisation des infrastructures de fibre optique jusqu’aux particuliers pour que d’ici 2010, 80% des immeubles parisiens soient reliés en fibre optique. La fibre optique est la technologie la plus performante pour atteindre les débits les plus élevés (100mgb au lieu des 20mgb permis par les meilleurs abonnements en ADSL). Les réseaux de fibres optiques ont la particularité d’être symétriques contrairement aux réseaux ADSL : les usagers peuvent recevoir ou envoyer des données avec le même débit (100mgb), alors qu’avec les réseaux en cuivre (ADSL) si la réception des informations peut se faire à un débit maximum de 20mgb, l’envoi de données est limitée à un débit de 1 ou 2mgb. La fibre permet d’avoir une garantie de débit quand l’ADSL ne le permet pas, le débit offert dépendant de la distance de l’abonné au point de raccordement au réseau. Ainsi des offres peuvent être annoncées à 20 mgb, mais dans les faits, l’abonné en ADSL, selon sa situation géographique, peut n’en disposer que de la moitié. Une grande inégalité existe donc dans les réseaux en cuivre, puisque le service rendu aux abonnés reste incertain.
1800 km de fibres optiques sont déjà installés dans Paris, mais principalement dans les « grosses artères ». Un des enjeux consiste à développer des offres FFTB (Fiber to the building) ou FTTH (Fiber to the Home), c'est-à-dire d’amener la fibre au pied des immeubles ou directement dans les logements, afin d’offrir aux Parisiens, comme aux acteurs économiques, le meilleur débit possible. L’équipement de tous les immeubles parisiens en Très Haut Débit suppose donc de tirer une fibre optique du réseau principal vers chaque immeuble. Les déploiements massifs des prochains mois se feront donc dans les 400 derniers mètres en direction des immeubles... Des demandes d’opérateurs ont déjà été déposées auprès de la Ville. L’enjeu dans les 4 ans qui viennent est de favoriser le déploiement de plus de 10 000km de fibres nouvelles....
Le Wi-Fi dans la Ville, un nouvel art de vivre
L’engagement de la Ville : 400 point Wi-Fi gratuits dans Paris, l’expérimentation d’un mobilier Wi-Fi, des jardins numériques du savoir… Indépendamment des initiatives qui sont sur le point de voir le jour sur Paris, la Ville souhaite garantir aux Parisiens un accès Internet gratuit et de qualité à certains endroits précis de la capitale. La loi (article L1425-1 du CGCT) autorise une Collectivité locale à proposer un service directement aux usagers uniquement lorsqu’une insuffisance de l’initiative privée est constatée. Ces 400 points seront développés avec deux objectifs : créer un nouvel art de vivre dans ces espaces publics et favoriser l’accès à Internet au plus grand nombre de Parisiens et usagers de la Ville (touristes, acteurs économiques…)...
Les sites visés :
Les 63 bibliothèques actuelles (plus celles à venir)
200 jardins et squares parisiens connectés
Les 20 mairies d’arrondissement
Les 20 maisons d’association (18 déjà ouvertes fin 2006)
La Maison des Initiatives étudiantes
Des cafés associatifs, notamment dans les quartiers populaires parisiens
Des centres sociaux et des centres d’animations
Certaines places parisiennes comme le Parvis de l’Hôtel de Ville
Le mobilier Wi-FI expérimental à Paris
Le développement des usages nomades d’Internet doit nous encourager à inventer le premier mobilier W i-Fi. Pour cela la Ville de Paris favorisera la création de bancs ou chaises dotés de tablette, l’installation de « publiprises » à alimentation solaire, etc…
Les zones de test envisagées sont l'esplanade des grands chemins dans la Zac Rive Gauche (13e) au cœur d’un quartier universitaire où de nombreux étudiants et chercheurs seront présents à la rentrée prochaine et l'Avenue de France, qui est un espace civilisé.
Les jardins numériques du savoir
Un nouveau concept : permettre aux personnes se trouvant dans les jardins à proximité des bibliothèques d’accéder à un bouquet de services réservés aux seuls usagers des bibliothèques : « sitothèques » sélectionnant les meilleurs sites pour les livres et la culture, accès gratuit à des bases de données payantes pour les particuliers (périodiques en ligne, dictionnaires de traduction, encyclopédies…), accès aux catalogues des bibliothèques, accès aux documents numérisés par les bibliothèques parisiennes. Ces jardins pourront servir de lieu d’expérimentation et de découverte pour les enfants parisiens.
Permettre la couverture intégrale de Paris en Wi-FI et Wi Max
Pour accélérer l’implantation de couvertures hertziennes (Wi-Fi Wimax, 3G …), la Ville va permettre l’accès à de points stratégiques (immeubles municipaux, lampadaires, kiosques, autres mobiliers urbains) aux opérateurs qui le souhaitent. Plusieurs d’entre eux ont des projets d’installation de réseaux hertziens, ils pourront le faire rapidement. Ceci permettra à Paris d’avoir un, ou plusieurs, réseau(x) Wi-Fi complet(s) et de grande qualité avant la fin 2007. Ce sera, pour une couverture de cette ampleur d’une capitale, une 1ère mondiale. Le nouveau mobilier urbain intelligent en cours d’élaboration (marché couplé vélo en libre service/ affichage urbain/ Panneaux lumineux) intégrera une servitude technique réservée à la Ville permettant notamment d’installer des antennes WI-FI.
Suit toute une rimbambelle de mesures sociales quant à ces accès Internet, mais si ces extraits vous ont mis l'eau à la bouche, le plus simple est de vous rendre directement sur la page du site de paris.fr évoquée plus haut.
Commentaires
Ecrit par : l'Ours
Merci d'être notre oeil... Eh bien, je trouve cela inquiétant. Comme d'habitude, une surenchère de moyens pour une misère de buts. On ne sait pas où, mais on y va!!! Paris se veut-il le cerveau du monde, avec ses habitants interconnectés et afférentés comme autant de neurones? S'il en est ainsi, il faudrait déjà que la municipalité, le top de l'encéphale, commence à réfléchir aux questions suivantes:
1- Si les parisiens, ces habitants de la Nouvelle Cité Radieuse, doivent un jour être si merveilleusement câblés jusqu'au pied de leurs demeures, pourquoi viendraient-ils squatter les abords des bornes?
2- S'ils préfèrent se parler à distance en s'épiant par les webcams, pourquoi viendraient-ils dans un square, au risque d'y être exposés au chat non protégé par une paire de cuivre?
3- S'ils ont l'esprit tourné vers l'infini net et la planète, à quoi bon les embêter avec le parfum des Local Area Flowers et le chant bas débit des oiseaux?
4- Et, bordel, où iront s'assoir ceux, qui y sont déjà, à regarder l'herbe pousser et à respirer l'air du temps, juste comme ça, sans la Wi-Fi, vu qu'il n'y a déjà plus une seule place quand il fait beau? Les espaces verts manquent, le domaine publique rétrécit, mais on exploite ce qui reste plutôt deux fois qu'une.
5- Ou alors faudra-t-il les rendre payantes, ces places aux abords des bibliothèques, pour éviter qu'elle soient occupées en pure perte par des clodos munis de faux ordinateurs? Enlever les bancs, ou les rendre inconfortables par les designers, afin de limiter la durée de la connection?
6- Comment éviter un afflux de gens moins aisés, qui, malgré les aménagements de la circulation automobile et l'indigence optimisée de transports en commun, s'obstinent à venir de banlieue, puisque, au fond, il s'agit de rendre Paris aux riches?
7- Si, en revanche, on veut juste augmenter à moindre frais la capacité notoirement insuffisante des différentes bibliothèques - ce seraient les merles qui feraient le ménage - il reste encore un problème de taille: comment garantir, sur une voie publique accessible sans aucun concours, la saine prééminence de nos filières d'excellence? Il y en a qui s'installeraient sur l'esplanade de la BFM juste comme ça, pour bronzer! Non seulement le travail ne serait pas valorisé, quelle horreur, mais en plus cela gâcherait de trop bonnes ondes, publicitaires, orthonormées, économiques, finalisées & tout & tout.
8 - OK: les sdf auront l'accès à l'internet pour éplucher les annonces de logements et se tenir au courant afin de ne pas perdre leur travail d'employés municipaux. Mais où rechargeront-ils leurs portables, étant donné qu'il n'y a pas de prises électriques dans les tentes et de piles, il n'y a que celles des ponts? Comment empêcher qu'ils se les fassent voler par d'autres, des vrais sdf méprisables que c'est vraiment de leur faute, pour être échangés contre de ringards litrons de vin?
9- Et puis zut! Pff...
Cela étant dit, je suis personnellement bien content d'avoir l'ADSL, WiFi et un DSLAM pas plus loin que 700m!!! Mais c'est voir la pensée rétrécie des décideurs tenir le haut du pavé qui m'indispose: toujours soucieux de ménager les plus imbéciles de leurs électeurs, leur programme est toujours un patchwork personnel d'idées dans l'air et d'idées reçues, sur un fond de manque d'imagination. Ce qui "marche", on le développe jusqu'à la saturation, jusqu'à l'absurdité. TOUJOURS PLUS, ET DU MÊME!
Mais ce n'est pas nouveau. Dans les dessins d'anticipation de Robida, fin XIXième, représentant Paris dans un demi-siècle, me semble-t-il, il y avait des dirigeables partout. Attachés à chaque porte!
On caresse la bête toujours dans le sens du poil, et on la fait rêver sans qu'elle soit obligée de sortir sa tête de sa gamelle. Et bien continuons: n'avons-nous pas déjà LES TULIPES EN FOND DE L'ÉCRAN ET LES PARCS EN DALLES DE MARBRE? Desktops... Bientôt, on pourra surfer enfin même à la plage. Suffirait d'une rangée de "hot points"!
Désolé pour un si long commentaire, ce n'était vraiment pas prévu. Me suis échauffé en route...
- Avez-vous remarqué que les merles, ces drôles d'oiseaux, vaquent à leurs occupations toujours à pied?
Ecrit par : laura garcia vitoria
La ville numerique : ville de la connaissance
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