À bout de souffle


Il ne manquait que ça. Le billet que je viens de rédiger s'est volatilisé sans que je sache pourquoi. Je n'étais déjà pas très beau à voir, mais là, c'est le bouquet ! La perte de mémoire devient contagieuse. Comment réécrire un texte dont la précision commençait à me remonter le moral ? Depuis quelque temps je ne dors plus beaucoup. Lorsque je n'ai pas de boulot je bosse trois fois plus que d'habitude parce que je veux être certain d'avoir tout entrepris pour retrouver l'équilibre. Lorsque le travail revient, c'est en général tout d'un coup, au même moment, je bosse alors trois fois plus que d'habitude pour assurer correctement dans les délais. Je me demande où va se nicher l'habitude, ce trois fois moins qu'on aurait tort d'assimiler trop vite à du repos. Peut-être la période qui suit celle d'activité intense et rémunérée me permet-elle de trouver une allure de croisière, et encore, à condition d'entrevoir des projets aux échéances certaines... C'est faisable si les proches sont synchrones et ne sollicitent pas, même involontairement, une solidarité naturelle qui ne demande qu'à s'exprimer librement. With a little help from my friends. Nous sommes fragiles. Parfois un geste, un petit mot, un sourire, un baiser nous fait sortir du noir que l'on broie à force de ne plus voir d'autre lumière que l'intérieure, une lampe de Wood qui montre les fluorescences de l'âme, mais ne risque pas de nous redonner des couleurs. Quant au repos, il faudra attendre des jours meilleurs où gésir à son aise, comme s'il existait une retraite autre que l'absence. On pourra toujours faire l'éloge de la fuite, il n'y a que la mort qui apporte le repos, pour les couleurs on ferait encore tintin. Alors on marche, une (belle) jambe après l'autre, en attendant que le soleil nous réchauffe le cœur. Coup de fil ventilateur. On saisit les mains qui se présentent, les corps que l'on étreint, les paroles que l'on boit, une voix. Je sauve.

Ecrit par : hs
dans ce cas je vais faire une petite ballade au soleil, je regarde les feuilles toutes nouvellement écloses et je me dis que la vie est belle...

Ecrit par : Joseph Gabriel
En cherchant Paradjanov (ou Kubelka je ne sais plus) sur Google il y a quelques mois, je suis tombé sur votre blog, et depuis, ne le manque pas une journée (il siège à côté d'Ubuweb dans mes favoris).
Dans ces moments éprouvants, je veux vous dire la joie de vous lire, sûrement par beaucoup d'anonymes comme moi qui ne se manifestent pas mais qui en retirent un peu d'énergie pour la journée. Tant donner, c'est normal d'être fatigué !
Merci.

Ecrit par : Joseph Gabriel
ça y est : c'était Pelechian.

Ecrit par : Denis
Je me joins à Joseph pour dire combien tes notes me sont nécessaires. Les évocations de John Zorn, Steve Lacy, Robert Kramer !!, Jean-Luc Godard, la création multimédia, le monde tel qu'il va, l'intime...etc.

On se sent moins seul...

Je connais aussi ce rythme effrené, la pression que l'on fait retomber en passant du temps à chercher ou trouver dans l'océan-internet, dans le journal, dans un livre, une perle qui vous inspire, qui vous rend vivant; et puis la tension qui revient lorsqu'on se rend compte que ce temps volé manquera pour finir comme on les rêve les choses dûes.

Courage, Courage ! et encore merci.

Ecrit par : double je
Je viens tous les jours vous lire, ce billet me touche, alors je me joins à vos lecteurs précédents et vous dis merci.