Du tour d'écrou aux Innocents


Présenté comme un film d'horreur, Les innocents de Jack Clayton est plutôt une adaptation fantastique d'un drame psychanalytique où la sexualité hystérique du personnage de la gouvernante joué par Deborah Kerr est habilement suggérée dans un noir et blanc onirique, animé de courants d'air rappelant La chute de la Maison Usher de Jean Epstein. L'ambiguïté des fantasmes féminins d'Henry James dans Le tour d'écrou, dont c'est l'adaptation cinématographique, sont magnifiquement transposés par Clayton dans ce film étrange de 1962.
Ma première approche d'une adaptation du roman qu'Henry James écrivit en 1898 fut l'opéra de chambre de Benjamin Britten créé en 1954 à la Fenice de Venise, dirigé par le compositeur, où le rôle chanté du jeune Miles était tenu par David Hemmings, futur acteur du Blow Up d'Antonioni. Dans le film, l'interprétation des deux enfants, Flora et Miles, par Pamela Franklin et Martin Stephens, est d'ailleurs suffocante. Leur maturité flanque plus de frissons que les hallucinations de Miss Giddens. Le film à la trouble sexualité respire la souffrance jusqu'à sentir le soufre.
Les passionnants bonus du dvd (Opening) fournissent des pistes indispensables à la compréhension des enjeux du film, et la version historique de l'opéra, une des plus belles œuvres de Britten, existe en cd (London).

Ecrit par : Jean
Merci de nous rappeler toutes ces bonnes personnes et en particulier la si gracieuse actrice ecossaise Deborah Kerr, revue la semaine passee dans Casino Royale (amusant a sa sortie et des plus etranges aujourd'hui) pour la sequence "ecossaise" dirigee par John Huston. Elle etait super dans "I see a dark stranger" et superbe dans le Narcisse Noir de Michael Powell. Son baiser de plage avec Burt Lancaster dans "Tant Qu'Il y Aura Des Hommes" a impressionne bien des petits garcons (et sans doute des grands aussi). Sublime dans "Dieu Seul Le Sait", les cinephiles modernes la preferent souvent dans "Elle et lui"

Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Baiser pour baiser, ceux des Innocents sont à couper le souffle !

Ecrit par : Jean
Critique efficace, le disque est commande. Les bons magazines de cinema servent encore.