Si j'étais Tzigane, je ne crois pas que j'apprécierais le portrait qu'Emir Kusturica (prononcer Koustouritsa) fit de mon peuple dans son troisième long métrage, Le temps des Gitans. Il les montre en voleurs d'enfants, violeurs, proxénètes, escrocs, paresseux, sans parole, assassins, n'en jetez plus, rien à voir avec des voleurs de poules ou les gros bras de Chirac... Évidemment, le film est cocasse, truculent, lyrique. La poudre aux yeux des effets felliniens arrangent la sauce et la musique de Goran Bregovic apporte une douceur à ce monde de brutes que le réalisateur se complaît à personnifier lui-même. Il est intéressant de souligner que Ederlezi, le thème musical du film inspiré d'un morceau traditionnel, tint le rôle d'hymne serbe pendant la guerre de Bosnie.
Si Bregovic, qui a épuisé sa veine depuis longtemps, fut considéré comme un simple opportuniste, Kusturica est un traître à Sarajevo où il ne pourra évidemment jamais retourner. Toutes proportions gardées, sa conversion orthodoxe et sa glorification de la Grande Serbie dans Underground rappellent le pétage de plombs d'Adolf H. dont la grand-mère était juive. Évitant soigneusement de me ranger aux côtés du lamentable Finkielkraut qui critiqua Underground sans l'avoir vu, je pense que le vrai sujet d'étude sur le réalisateur, certes talentueux, résiderait en une psychanalyse qui permettrait de comprendre comment un Sarajevien d'origine musulmane peut virer sa cuti au point d'ériger, par exemple, dans son Disneyland mégalo perso, Kustendorf, une église serbe orthodoxe en hommage à un saint du XIIème siècle qui fait partie du délire paranoïaque qui justifia exactions et crimes contre l'humanité. Sa femme, célèbre actrice serbe, en étant la gardienne du temple, peut-être est-ce seulement une histoire d'amour qui vire au noir ? En cherchant à justifier ses choix, les bonus du dvd (Carlotta) éclairent maints aspects de l'énigme, mais ne le rendent certainement pas plus sympathique.
En quittant Sarajevo pendant le siège, j'avais demandé à mon équipe bosniaque comment répondre de la trahison d'Emir (avant la guerre c'était l'un des meilleurs amis du réalisateur Ademir Kenovic avec qui il produisait des films). Avec cet humour typiquement sarajévien, il me fut répondu de façon très brechtienne : "Si tu le rencontres, demande-lui ce qu'il pense de nous !".
J'avais très envie de regarder Le temps des Gitans que je n'avais pas revu depuis la guerre en Bosnie et le Siège de Sarajevo. Je me demandais si son film portait déjà les germes de sa trahison. Hélas, au portrait brutal des Gitans s'ajoute le délire de la pureté sanguine. Le héros (le jeune acteur se suicidera à l'âge de 29 ans) rejette son fils tant qu'il pense que c'est un bâtard. La purification ethnique n'est pas loin. Les Gitans ne seraient d'ailleurs bons qu'à s'entretuer. La manière de portraiturer ce peuple de nomades annonce-t-il les grands déplacements de population que les nationalistes croates et serbes encourageront ? Leur no man's land boueux rappelle cruellement les futurs camps. Ils ne sont tolérés que dans leur marginalisation.
Politiquement, ce n'est pas le pire film de son auteur. Underground mériterait qu'on s'y attarde à nouveau, mais je ne sais pas si j'aurai le courage de me complaire à le revoir une autre fois pour l'analyser plus sérieusement que le survol de ce billet. Je me suis déjà coltiné l'exécrable clip démago que Kusturica vient de tourner pour Rainin in Paradize de Manu Chao, quelle honte ! Sous prétexte de fantaisie festive et d'enthousiasme pour la musique tzigane, les amateurs défendront son cinéma brutal et aguicheur, fat de conventions tant culturelles que cinématographiques. La véritable musique tzigane ne porte pas tous ces symboles nauséabonds qui appartiennent plus au délire paranoïaque nationaliste qu'à la mythologie Rrom. Certains films portent en germe des idées réactionnaires sans que leurs thuriféraires s'en rendent compte. Il en est ainsi des films des curés prosélythes Lars von Trier ou Krzysztof Kieslowski, de la paranoïa mystique de David Fincher (Seven, Fight Club...) ou de maints films d'action machistes. Le machisme n'est pas non plus l'apanage de Kusturica et des films violents, tout le cinéma est emprunt de l'idéologie dominante et c'est ainsi que se perpétuent les idées les plus réactionnaires. Et plus les réalisateurs sont habiles, plus ils sont dangereux.
Commentaires
Ecrit par : Jean-no
Je viens de passer trois semaines en Croatie à Zadar où les gens sont des fascistes généreux, désarmants de gentillesse mais capables d'empoisonner le puits du cousin parce qu'il est orthodoxe (avec la bénédiction de la justice qui prive grossièrement de leurs droits civiques les Serbes de Croatie - même s'ils parlent la même langue, que leur famille habite là depuis trois cent ans...), et capables de dire que, si les albanais et les roms ont quitté la Croatie juste après la guerre, c'est "sans doute parce qu'ils s'étaient beaucoup enrichis sur le dos des Croates". Eh bien je me suis fait une réflexion qui vaut ce qu'elle vaut et qui est qu'on peut relativiser l'impact du cinéma d'auteur : Kusturica suit un certain chemin intellectuel, une errance... Eh bien il est un symptôme de quelque chose, certainement pas une cause, son oeuvre n'a aucune incidence sur le monde, enfin à part alimenter des polémiques dans la presse française. La connerie politique ahurissante des ex-yougoslaves, si je me base sur mes discussions avec des Croates (et un serbe) est extrêmement bien partagée et elle est véhiculée par les curés et les popes, par la mauvaise habitude de refuser de traiter l'histoire comme une science (le révisionnisme est permanent) et par la télévision qui n'est carrément pas libre : il y a des télés privées étrangères qui se cantonnent au divertissement (américain) et il y a les télés d'état qui véhiculent une vision du monde complètement stupide (gros titre : des quadruplés, une transplantation cardiaque, un émouvant don de moëlle osseuse... politique : un diplomate serbe a dépassé tout le monde dans la queue d'un péage autoroutier... international : Eddy Murphy). Le cinéma d'auteur, là-dedans, ça compte pour rien, mais rien du tout, à la rigueur les gens veulent bien se demander s'ils sont "pour" ou "contre", mais certainement pas regarder le film. Je pense qu'un film à la première personne permet de se poser des questions, de voir le point de vue du mec, même si on n'est pas d'accord, et de continuer à se faire sa propre opinion. Donc j'aurais tendance à défendre Kusturica même si je dois avouer que je n'ai rien vu de lui depuis "papa est en voyage d'affaires" (que j'ai beaucoup aimé).
Ecrit par : Jean-no
note : les gens sont peut-être plus informés politiquement dans des villes comme Belgrade ou Zagreb que là où j'étais. J'espère.
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Je garde un bon souvenir de "Papa est en voyage d'affaires", mais je ne l'ai pas revu depuis sa sortie.
Le terrible de l'histoire des Balkans, c'est que l'Europe a exacerbé des rivalités enterrées sous Tito. Au début des années 90, la Croatie catholique est ultra-nationaliste, la Serbie orthodoxe nationale-socialiste, la Bosnie se pense œcuménique, mais l'abandon dont elle fut la victime l'a fait sombrer à son tour dans une déviance islamiste qui la rejette des décennies en arrière.
Ecrit par : Jean-no
Oui, c'est la mouise, mais ce qui m'a surpris c'est que les progrès sont très lents, les croates pourraient profiter de leur réputation préservée (tout le monde a oublié qu'ils avaient tenté d'envahir la Bosnie) et de leur prospérité montante pour tourner la page, mais ça ne se passe pas comme ça : dans les villages, les gens vivent comme dans une théocratie nationaliste (où la Vierge Marie - dont le pucelage miraculeusement préservé est le principal point de discorde théologique entre catholiques et orthodoxes - est souvent représentée avec le drapeau à damiers croate... Dans le même ordre d'esprit, un croate m'a raconté que l'Ave Maria de Schubert était une chanson de son village, il y croyait dur comme fer), le catéchisme est obligatoire, si on veut dire du mal du curé, c'est en chuchotant, et des messes avec exorcismes sont organisées tous les soirs. Les anciens gros bonnets communistes disent les bénédicités à table, comme dans la petite maison dans la prairie. Tout ça s'accompagnant d'un affreux côté nouveau riche, gros crucifix en or sur la poitrine et gros crucifix en bois accroché au rétro du 4x4, envie de Nokia, de Dolce et Gabana, etc., tout ça avec en fond sonore la plus mauvaise variété du monde, une sorte d'interminable eurovision avec mandoline-bouzouki sans relief et jamais une chanteuse, que des hommes qui chantent l'amour d'un ton plat comme on ne peut pas faire mieux. Et en même temps c'est beau et les gens sont gentils. Drôle de pays : je pense que la Turquie est nettement plus prête à entrer dans l'Europe, mais si on leur dit ça là-bas, ils ne peuvent pas le comprendre.
Ecrit par : rloand
Mettre dans le meme panier Lars von Trier,Kieslowski et D.Fincher !!!
Faudrait que tu m'expliques en quoi des films aussi differents de L.von Triers que Element of Crime,Les Idiots ou Le Direcktor portent en eux des idees reactionnaires de meme que le "decalogue" de Kieslowski.
En ce qui concerne Kusturica,malgre ses positions Pro-Serbes son cinema est loin d'etre ce que tu pretends.Tu analyses son art a travers ses idees politiques ce qui a mon avis est tres prejudiciable car dans ce cas bon nombre d'artistes ne devraient plus excercer.(faut-il jouer les pieces de Peter Handke ? ma reponse est oui.)
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
J'essaierai de répondre à tout cela. Au conservatisme cinématographique ampoulé de Kusturica et à ses artifices felliniens comme à l'idéologie sous-jacente dans toute l'œuvre de Trier ou au Christianisme pernicieux de Kieslowski. Mais c'est du boulot si je dois argumenter par écrit, alors ça prendra le temps. Je m'attendais à froisser des sensisbilités en m'en prenant à des monuments contemporains comme ces trois-là. Les idées politiques des réalisateurs transparaissent toujours dans leur art. Exemple, toute l'œuvre de Kazan est une apologie de la délation et de la compromission. On peut en effet tout jouer, mais on est pas obligés d'aller tout voir, voire de tout gober, comme une ostie beni-oui-oui. Tout montrer sans analyse critique, ça c'est dangereux. Il est indispensable de toujours accompagner les révisos, les fachos et les culs bénis, surtout ceux qui s'ignorent, d'un discours critique. Ça n'empêche pas d'apprécier le savoir faire, mais cela n'a rien à voir avec l'art. Kusturica ou Fincher sont des faiseurs, Trier un prophète bidon incapable de suivre ses propres précepts (heureusement d'ailleurs) et Kieslowki un prêtre zélé, certainement le plus personnel de ceux-là. Mais encore une fois, je comprends que l'on pense autrement. La cinéphilie va chercher ses racines dans le mystère de l'identification, et chacun reconnaît dans les films des émotions déjà vécues dans son intimité. Alors, rien ne sert de s'engueuler sur les dégoûts et les couleuvres...
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Je savais que mes commentaires sur les films de Kusturica déclencheraient les ires de ses supporters, j'ai été servi. J'espérais élever le débat, j'ai failli. Je devrais prendre le temps de disséquer les séquences d'Underground. On peut apprécier Céline, Richard Strauss, Zarah Leander, Russolo ou quelque artiste collabo sans partager ses points de vue politiques, mais j'ai attaqué l'idole sur son esthétique saint-sulpicienne, déclenchant l'ire de ceux qui opposent la poésie à la morale. L'une ne va pas sans l'autre pour constituer une œuvre exemplaire. Le réalisateur a bien des qualités, mais il m'a semblé important de dénoncer l'opération commerciale et le dogme que beaucoup confondent avec l'Histoire. Gott mit uns ! Saint Emir, priez pour nous... Désolé d'avoir gâché votre plaisir, me risquant à aborder la forme sans me cantonner au fond.
Ecrit par : nicoel
Bonjour,
Rapprocher Kusturica & Von Trier de Fincher me semble assez aberrant, tant ce qu'ils montrent est différent !
Bien moins au fait de la situation yougoslave que vous, j'ai bcp appprécié "le temps des gitans" ou "chat noir, chat gris" pour ce qu'ils sont, à savoir des films de divertissement (osons le mot).
Maintenant, on peut chercher l'interprétation politique, psychanalytique, etc. Ce n'est pas pour autant que ces démarches sont valides et valables (notamment la seconde).
"Element of crime" et "l'hopital" sont également des films pleins d'humour et d'invention.
Quelles sont les émotions où votre cinéphilie va chercher ses racines ?
Ecrit par : roland
Mais non.Les idees politiques ne transparaissent pas toujours dans l'art des cineastes(penses-tu la meme chose des musiciens ,des plasticiens ou ecrivains? )La critique doit exister mais ne pas etre reduite a cela.Bien d'autres elements interviennent dans tout art.Cest beaucoup plus complexe.
Tu dis que"chacun reconnait dans les films des emotions deja vecues dans son intimite"C'est faut.
On peut apprecier les freres Dardenne ou des films japonnais tres violent sans aucun sentiment de vecu.
Tout cela me parait un peu trop reducteur
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Oui, je pense que les grands artistes sont en accord avec leurs idées et que toute œuvre est une morale. Même si parfois elle nous défrise.
Vous pouvez nier les phénomènes d'identification si ça vous chante, mais à votre place j'y réfléchirais à deux fois.
Quant à la violence, quelle jouissance vous apporte-t-elle ?
Mais comme on ne convainc personne qui ne veuille être convaincu, je vous souhaite une bonne soirée.
Ecrit par : roland
je ne nie pas les phenomenes d'identification mais je pretends que l'on ne peut reduire les oeuvres a cela.
Si je vais au bout de ton raisonnement je deduis que Mishima,Celine,Handke entres autres sont de mauvais ecrivains tout comme Tarentino J.Woo de mauvais cineastes ou certains artistes futuristes de mauvais peintres.
Ecrit par : Jean-no
Vous parlez de deux choses différentes, non ? On peut reconnaitre le talent d'un artiste et même l'intérêt de son oeuvre sans souscrire à ses idées même lorsqu'elles sont tout à fait apparentes. Le cinéma est un art particulier, car c'est théoriquement le plus bavard (difficile d'avoir un discours intelligible en musique, par ex. : la musique c'est l'affect, pas le concept, en général) mais en même temps c'est celui qui est le plus complexe à produire : il y a tellement d'argent en jeu que parfois il n'y a plus d'auteur, ou du moins, la paternité de l'oeuvre est également répartie entre les scénaristes, les producteurs, le réalisateur et les monteurs, et même si on a l'habitude d'identifier les oeuvres à leur réalisateur, ce dernier n'est parfois qu'un technicien parmi d'autres. Ce qui n'est évidemment pas le cas de Kusturica et des autres auteurs cités plus haut. Je ne crois pas beaucoup à la propagande dans le cinéma d'auteur pour ma part. Kieslovski donne son avis, Kusturica donne son avis, Godard donne son avis, tous ces gens sont bavards, mais on n'est pas obligés de les croire, leur oeuvre est à prendre ou à laisser, elle fait réfléchir, réagir, mais elle n'a pas la puissance du cinéma populaire. Quand un "die hard" transforme à son insu son public en amateur de peine de mort (le méchant est tellement affreux qu'on est soulagé et heureux de le voir se faire tuer par Bruce Willis plutôt que mettre en prison), il a peut-être une influence sur le monde (à moins qu'il n'en soit qu'un symptôme parfaitement en phase, de l'oeuf ou de la poule, va savoir), à l'insu de tous y compris de ses auteurs. Quelques auteurs "à thèse" ont réussi à faire du cinéma populaire convaincant et apte à modifier l'opinion, comme Frank Capra, John Hughes (et ses films sur les adolescents) ou encore l'excellent scénariste Joss Whedon. Mais il me semble que c'est rare, que plus un auteur veut dire quelque chose, moins il est convaincant, car en rendant évidente son intention didactique, il dévoile son jeu et permet au public de se défendre. Enfin c'est plus ou moins ainsi que je vois les choses.
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Merci Jean-No, vous m'enlevez une épine du pied.
Et j'avoue préférer Bunuel à Kieslowki, Dreyer à Trier, Mizoguchi ou jeune Kurosawa, Lepage à Kusturica, Visconti à Fellini, Godard à Greenaway, Burton à Tarentino, Fuller à Spielberg, Antonioni à Bergman, Cocteau à etc., etc. Dans ces comparaisons bizarres, vous reconnaîtrez peut-être les relations dont je les affuble !
Ecrit par : Jean-no
Clairement, il y en a de plus moralisateurs que d'autres, mais j'aurais du mal à considérer que les uns appartiennent à un groupe et les autres à un autre... Si ce n'est qu'il y a le groupe que tu préfères à l'autre :-) Je crois que j'aime tout le monde dans la liste, sauf Tarantino que je trouve généralement vain (je lui préfère nettement son compère Roberto Rodriguez).
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Les œuvres obéissent toutes aux mêmes lois de l'identification, ce qui explique nos goûts et nos dégoûts pour les unes ou les autres. Lorsque je cite Cocteau en disant qu'une œuvre est une morale, j'entends que certains s'amusent hélas sans arrières pensées et que la valeur d'une œuvre dépend des questions qu'elle soulève. Une manière de penser par soi-même, sans référence à la mode, au bon sens, au bon gôut ou aux conventions sociales en vigueur.
J'apprécie donc plus les provocateurs que les démagogues. Vous comprendrez mieux la liste d'exemples de mon précédent billet même si vous devrez retirer Bergman de celle des démagos (en ce qui le concerne je me référérais seulement au débat qui a suivi un article récent du critique américain Jonathan Rosenbaum) et Burton de l'autre liste (il s'est hélas endormi depuis longtemps sur ses lauriers). On peut flatter ses thuriféraires, il est plus courageux d'interroger nos certitudes. Je porte ainsi dans la plus haute estime Salo de Pasolini, A Movie de Bruce Conner, La nuit du chasseur de Laughton, La route parallèle de Ferdinand Khittl, les films de Renoir, Visconti, Vigo, Bresson, Powell, Tati, Dreyer, Welles, Ray, Murnau, Cassavetes, Lepage, Snow, Straub et Huillet, Franju, Grémillon, Becker, Lynch, Iosseliani, Moullet, Bunuel et évidemment Jean-Luc Godard, qui ne font pas des films pour qu'on les aime, mais parce qu'ils feignent de croire encore pouvoir changer le monde ou qu'ils en expriment leur incapacité déceptive. Ce ne sont que quelques exemples qui ne reflètent pas forcément mes goûts, mais qui dessinent le vecteur qui m'entraîne vers l'idée d'un homme meilleur.
Ecrit par : Jean-no
Je suis bon public, j'aime tout ça et bien d'autres choses encore. Par contre j'ai des doutes sur Lynch. J'ai beaucoup aimé Lynch (et je persiste à aimer nombre de ses films), mais il me semble qu'il est tombé dans une certaine facilité. Il répond comme un oracle (de manière pas claire) à des questions qu'on ne se pose pas, et ça c'est bien. Mais il le fait au sein d'un système qui, sur la longueur de son oeuvre consiste surtout à lancer des pistes et à laisser le spectateur retrouver ses petits. Le dernier cinéaste qui m'a impressionné, dernièrement, c'est Wes Anderson (Bottle Rocket, Rushmore, The Royal Tennenbaums et The Life aquatic with Steve Zissou). J'attends avec impatience son dernier film. C'est un cinéma simple et attachant qui parle beaucoup de la fantaise (sans être "surréaliste" comme l'a écrit un critique un peu limité dans un grand quotidien récemment) et du droit à vivre sans pour autant réussir ce qu'on entreprend. Enfin quelque chose comme ça.
Ecrit par : joseph racaille
Qu'est-ce que t'es con, mon pauvre Birgé !
T'es vraiment con
Ecrit par : jjb
rime riche et fine critique
mon cher racaille
arrete de boire !
un ami
Ecrit par : jc
?? Bon ok ,j'ai 26 ans ,je suis allé en bosnie, j'ai vu tous les films de kusturitsa sauf le tout premier qui n'est pas d'ailleur PApa est en voyage d'affaire.
Il est absurde de vouloir analyser les evenements de l'ex yougoslavie et les films de kustiritsa d'un point de vue morale. Il y a longtemps que kusturitsa a troqué sa morale pour la poésie. Je vous souhiate de faire de même, cest le seul chemin qui mène à l'esprit.