Si Kung-Fu Panda est nullissime, juste bon pour des garçonnets attardés, Wall-e est une grosse déception venant des créateurs du Monde de Némo, le petit poisson malin. Comment la presse peut-elle faire sa une d'un truc aussi fadasse sans être achetée par ses annonceurs ? Qu'on me comprenne, ceux qui ont adoré le lénifiant E.T. y trouveront leur bonheur, les autres se lasseront vite des clins d'œil référentiels (rien que dans la bande-annonce, ça pullule, alors imaginez un long-métrage sur ce modèle !), du sirop symphonique (noyant les effets sonores dont les quotidiens se sont abondamment fait l'écho, et puis, un peu de modulateur en anneau et de vocodeur sur les voix, ce n'est pas la mer à boire, cling clong rrrrek), des minauderies du couple de robots anthropomorphiques (ça nous ferait vomir sur les sentiments amoureux, tant c'est saturé de sucre mielleux), des éternels plans de New York détruit (dans les films américains, c'est toujours le symbole de la Terre, quelle imagination !), de la répétition des scènes robotiques autrement moins visionnaires que chez Chaplin... Techniquement, c'est bien fait, mais la morale de l'histoire est bien con-con. Les humains obèses et impotents reviennent coloniser la planète puisque les plantes vertes y ont retrouvé leur oxygène. Ah, ça finit bien ? Alors allons-y, on peut tout casser, ça repousse !
Heureusement que Presto, le court-métrage Pixar qui précède cette duperie, m'a fait rigoler. C'est l'histoire d'un petit lapin qui refuse de jouer le jeu de son maître illusionniste tant qu'il n'aura pas croqué sa carotte. Comme dans Hellzapoppin, les catastrophes enthousiasment le public. Ça ne va pas loin, mais au moins la destruction ne nécessite pas de caution morale. La régression est explicite.
Commentaires
Ecrit par : gfhgbgfbfb
Tu est completement con
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Peut-être, mais moi je sais écrire !
Et je n'ai pas la lâcheté de l'anonymat...
Ecrit par : Jean-no
Quand toute la presse en cause, que le public s'enthousiasme massivement, on a un peu peur... J'attends quelques temps pour le voir. Je n'ai jamais été déçu par Pixar, depuis Luxo Jr, Tin Toy et le bonhomme dans la boule à neige (j'oublie le titre). En fait j'ai même adoré Cars alors que le film ne me donnait pas envie.
Ecrit par : Jean-no
@jjb : bah, les gros mots anonymes n'ont aucun poids, quand on ne sait pas qui parle ça n'a pas plus d'intérêt que de savoir de qui on parle...
Ecrit par : Jean-no
Je me faisais une réflexion (toujours sans avoir vu le film), qui est que le cinéma populaire a parfois des qualités qui n'existent que parce qu'il est populaire. Je m'explique : pour Wall-E, on a par exemple beaucoup entendu parler du travail effectué sur le son par l'auteur, il y a trente ans, des sons de Star Wars (qui sont pour beaucoup dans l'intérêt du film). Tu dis qu'il n'y a pas de quoi sauter au plafond et je veux bien te croire mais en même temps, on n'aura jamais entendu autant parler de design sonore au journal télé ou dans la presse. En soi ça me semble intéressant. C'est comme Amélie Poulain : une bleuette habile mais gentillette qui prend une toute autre épaisseur lorsque huit millions de gens l'ont vu, car devant un public si étendu et souvent si conservateur, le moindre écart formel ou thématique avec le blockbuster lambda devient une audace incroyable. Amélie Poulain est pompé sur La vie mode d'emploi de Pérec, qui n'aura jamais tant de lecteurs que le film n'a eu de spectateurs, donc ce film amène le public à apprécier une forme narrative qui sort de l'ordinaire... Il y a moins de mérite peut-être à amener trois habitués à applaudir un concert de musique savante contemporaine qu'il n'y en a à caser quelques minutes de Ligetti à la fin de 2001 (je range Kubrick dans les gens qui ont cette qualité d'amener le grand public loin de ses habitudes, même si je ne suis pour ma part qu'à moitié fan).
Bref, le cinéma populaire est très puissant (des millions de gens partagent une même expérience cinématographique) mais aussi tellement conservateur (sans quoi il ne serait pas populaire) qu'il me semble qu'on peut changer de grille de lecture pour décider de l'intérêt d'un film.
Ecrit par : jjb
J'ai failli effacer le message du malotru, et puis, vicieux, je n'ai pas résisté à épingler l'analphabète ordurier pour enrichir ma collection de coléoptères (voir certains billets rappelés dans "Polémiques" il y a deux jours !).
Tant que j'encense, tout va bien. Mais si je critique négativement, et je me le permets seulement lorsqu'il s'agit de "produits" quasiment unanimement encensés, brisant le consensus, je me fais régulièrement insulté, au lieu que le sujet soit débattu intelligemment. J'en profite pour souligner les manifestations de l'impuissance qui peuvent trouver ailleurs leur expression dans la violence physique.
A part ça, j'ai adoré "1001 pattes", "Monstres et Cie", et dernièrement "Ratatouille"... sans compter les courts-métrages Pixar qui sont tous de petits chefs d'œuvre...
Plus sur www.pixar.com ou ici-même le 3 mars dernier !
Enfin, ce n'est parce que j'apprécie un artiste ou une maison de production que je doive perdre mon esprit critique et m'endormir sur leurs lauriers... Ce n'est bon pour personne et je rends grâce à celles et ceux qui me secouent de temps en temps.
Et puis, pour les inconditionnels, ça se laisse voir... Mais bof !
Ecrit par : jjb
Le seul problème, c'est que les réalisateurs continueront à ignorer l'importance du design sonore, parce qu'ils auront l'impression que le travail sur le son se justifie pour un film d'animation avec des robots, mais qu'est-ce que cela viendrait faire avec un film de fiction qui se passe dans les rues de Paris ou dans un intérieur meublé, je cite n'importe quoi comme exemple ?
De même, le public a découvert Lux Aeterna de Ligeti avec 2001, mais combien de spectateurs ont acheté un disque du compositeur ou sont allés à l'un de ses concerts suite à la projection du film de Kubrick ?
Quant à une quelqconque grille de lecture, je ne m'en sers heureusement ni pour les films populaires ni pour les films impopulaires.
Ecrit par : Jean-no
Le mot "grille de lecture" est sans doute mal choisi, ok.
Je pense que nous avons en revanche des attentes (même quand il s'agit de non-attentes) devant une œuvre, elle s'inscrit après toutes les autres œuvre vues ou entendues. Or le film créé à destination du grand public se caractérise par une prise de risques artistique réduite - il y a tellement de pognon en jeu que chaque audace peut potentiellement faire perdre un fric fou, le public cherchant du nouveau mais cherchant aussi à avoir ses marques. En plus il s'agit de films à destination du jeune public : les enfants ne sont pas forcément conservateurs, les adultes non plus, mais les adultes deviennent réactionnaires en art lorsqu'ils doivent juger de ce qui convient aux enfants, me semble. La marge de manœuvre est délicate et certains se plantent complètement pour avoir suivi les recettes à la lettre (et cyniquement), d'autres pour avoir trop déboussolé leur monde. Un équilibre très complexe quoi. Donc Pixar ne peut pas faire abstraction des attentes du grand public qui suit sa production et sans appeler à l'indulgence, je pense qu'on peut avoir ça en tête lorsque l'on juge les grosses machines de ce type.
Ecrit par : jjb
Un film coûte cher, que ce soit à une major ou à un "petit" indépendant.
Il serait présomptueux de penser que quiconque, à part les vieux grognons, échappe à ces questions cruciales.
Faire une différence entre films populaires et oeuvres d'auteurs est un concept franco-français bien méprisant qui ne mène personne nulle part.
Tout réalisateur peut espérer être vu et entendu un jour d'un plus grand nombre (j'ai utilisé à dessein l'article indéfini "un" au lieu de "du").
La peur, toujours la peur ! Ah ça, non !
Comme en politique, elle est mauvaise conseillère.
Y en a marre de monter la lâcheté en épingle !
Comme tu l'exprimes, il n'y a heureusement pas de recette au succès.
Mais à la longue, seule l'audace paie.
Sinon rien ne bouge.
Chacun essaie de faire pour le mieux.
On peut seulement être plus tendre avec les petits qu'avec les gros, pas parce qu'ils sont plus ou moins puissants, mais parce que les gros peuvent diversifier. S'ils se cassent la figure sur une production, ils peuvent se rattraper sur une autre. C'est comme à la Bourse. C'est pour cela que les gros tirent toujours leurs marrons du feu quand les petits sont dores et déjà condamnés.
Et puis, petits ou gros, chacun prend des risques, faisant les bons ou les mauvais choix. En ce qui concerne Pixar avec Wall-e, il semble que ce soit une excellente affaire.
Raison de plus pour mettre un bémol quand tout le monde crie au génie et qu'il est passablement usurpé.
Il est indispensable de conserver toutes ses facultés critiques, surtout lorsque "la majorité" est unanime. On éviterait bien des dégâts si chaque individu pensait par soi-même et si chaque matin, on évitait de se raser les antennes.
Ecrit par : Jean-no
Personne n'échappe aux questions financières, mais avec Disney/Pixar, on est dans des chiffres tellement énormes... Il est arrivé plus d'une fois qu'un gros producteur disparaisse presque complètement sur un film, comme Virgin movies avec "electric dreams" et comme les frères Fleischer avec un film dont le nom m'échappera toujours. Il y a aussi des carrières d'acteur ou de réalisateur qui ont pâti d'insuccès : Terry Gilliam (après le Baron Munchausen), Olivia Newton John (après l'affreux Xanadu), etc. Le budget de Wall-E est de près de 200 millions d'euros, c'est le montant de la dette publique de certains petits pays, je ne pense pas qu'il soit envisagable que le film n'ait aucun succès. En tout cas tout est fait pour minimiser la prise de risque, du marketing à la création elle-même. Je ne trouve pas ça bien ou pas, ça me semble inévitable : plus il y a de fric en jeu (détenu par des conseils d'administration, pas par des Howard Hughes), et plus il y a de pression, moins il est possible de se planter. Ce n'est pas très grave. Ensuite, quand malgré les conditions, un "petit quelque chose" émerge, je trouve ça plutôt émouvant, un peu comme les coquelicots qui trouent le bitume.
Ecrit par : Jean-no
à propos d'audace, <a href="aaablog.typepad.com/weblo... target="_blank">voici que les producteurs du dessin animé Rahan habillent le fils des âges farouches et l'affublent d'un compagnon animal, histoire de pouvoir espérer viser le marché anglo-saxon.</a> Quand à la dimension anti-obscurantiste des aventures de Rahan, elle disparaît au profit d'histoires de magie.
Ecrit par : Jean-no
Zut, l'adresse est mal passée : aaablog.typepad.com/weblo...
Ecrit par : C.
Hé hé... Je viens mettre ma virgule de fillette dans le débat pour d'une part préciser que non non le monsieur n'est certainement pas con (parce qu'il sait conjuguer le verbe être, lui...), et d'autre part, que je n'ai PAS vu WALL-E. Donc je sers à rien, je vous l'accorde. Mais mon filleul Théo dit "Bubulle", athlète clown de 5 ans tout juste qui a du mal à donner sa tétine au recyclage, l'a vu, WALL-E, et contre toute attente, a été très ému (larmes, oui, des vraies) au moment de la séparation du petit cafard et de son ami robot qui part filer le parfait amour avec Eve (it's always all about Eve...) --- j'en conclus que mon filleul est un futur super pote, et que ce film touche les liens qui lient les coeurs, donc ce que je me dis, Pixar, ils sont bons quand même. En revanche, pour ce qui est des hommes qui ne font même pas un régime avant de rentrer chez eux refoutre le boxon, je trouve ça, ... sinistrement humain. Bubulle ne sera jamais obèse, lui. :o)
Ecrit par : jjb
Cher Jean-NO,
le fric c'est comme la souffrance. Cela ne se compare pas, nom d'un petit bonhomme !
Un plantage de gros producteur ou de petit indépendant, c'est toujours un drame, sauf qu'en termes d'emploi il y a plus de monde (et de tiers-monde) dans un blockbuster américain dont l'investissement est souvent déjà amorti sur leur territoire national lorsque ça envahit le reste du monde (j'insiste sur le verbe, parce que l'industrie américaine est un des fers de lance de leur impérialisme, qu'on en apprécie certains aspects ou pas) que sur une production plus modeste d'un pays résistant au raz-de-marée médiatique orchestré viralement.
En tant que producteur d'un petit label indépendant de disques par exemple, je peux mettre des années à me remettre d'un échec commercial.
Si les USA produisent un paquet de grosses daubes qui coûtent toutes plus chères que le moindre film français (et la majorité d'entre eux ne franchissent même pas l'Atlantique, on n'aurait que la crème, mazette !), il n'empêche qu'il faut bien relire les termes de mon article avant de continuer à surenchérir. Si j'ai traité de nullisime Kung Fu Panda (qui n'a pas dû être donné, si bien que je comprends mal toute cette argumentation spécieuse), j'ai seulement été très déçu par le nouveau Pixar que toute la presse française semble encenser sans réserve (encore qu'Aurélien Ferenczi de Télérama est très fâché dans la rubrique Pour/Contre).
Pour le chef d'oeuvre du nouveau siècle, il faudra repasser.
Et que le film plaise au petit ne me contrarie pas du tout. C'est bien marketé côté bons sentiments, c'est bien fait techniquement et c'est franchement mieux que les Chtis, alors !? Il n'y a pas de quoi en faire tout un fromage. C'est pour cela que je préfère Ratatouille !
Un ami des souris.
Ecrit par : Jean-no
Mais je ne compare pas en termes de souffrance, d'ailleurs c'est très différent. Je vois juste comment ça se passe dans les grosses boites,la responsabilité (et donc l'engagement) est dilué, en revanche tout le monde a peur. La peur et l'irresponsabilité ont une même cause d'ailleurs, qui est que chacun a quelqu'un au dessus de lui. Dans les grosses boites capitalistes, il n'y a même plus de dirigeant, les actions sont détenues par d'autres boites et chacun se méfie des autres.
La particularité du cinéma c'est que malgré le nombre d'employés et malgré le nombre d'intervenants, il faut tout de même que quelqu'un s'engage en son nom propre, réalisateur, scénariste, acteurs,... Et à ce niveau là, juste pour eux, je suppose que c'est le même métier que dans le cinéma moins riche. C'est ce qui se passe autour qui n'a rien à voir. Aucun jugement de valeur, c'est un constat.
Ecrit par : Jean-no
ça y est, j'ai vu le film. Je serais moins sévère que toi, mais en dehors de la beauté visuelle de la première partie, je ne dirais pas que c'est le meilleur Pixar. Quand à sa charge idéologique, je ne la trouve pas franchement révolutionnaire. Au contraire, ça pose des questions. J'en cause ici : www.hyperbate.com/dernier...
Ecrit par : Myriam
Nous sommes allés voir Wall-e et nous sommes, avec mon fils de 14 ans, totalement d'accord avec le commentaire de Jean Jacques Birgé. Jean Jacques a fait une excellente critique du film. Cela rassure qu'il y ait des gens intelligents capables de réfléchir sur ce qu'on leur montre sans être toujours dans le politiquement correct ! Wall E est plus que décevant - déjà la bande annonce nous avait un peu refroidis - nous y sommes allés quand même en pensant aux films précédents et ce que l'on a vu nous a ennuyés et irrités.