Dans Mind Game du réalisateur Masaaki Yuasa d'après le manga de Robin Nishi, la logique du rêve est aussi difficile à suivre que le scénario de Ghost in the Shell. L'animation explose le cadre et déborde d'imagination. Le film, produit en 2004 par le Studio 4°C, responsable du très beau Amer béton, est une œuvre originale qui rappelle aussi bien Windsor McKay (Little Nemo) que Moebius. Les hallucinations héritent aussi bien de la scène conçue par Salvador Dali pour Dumbo l'éléphant que les références au manga dessinent un époustouflant portrait du Japon contemporain. Cet entre-choc de styles aussi différents dans une même scène dérègle tous nos sens, nous faisant valdinguer dans un trop-plein d'émotions plastiques qui disloque la narration au travers d'un prisme déformant. Le flash rend l'expérience si troublante que lorsque la lumière se rallume dans la salle elle nous replonge aussi sec dans l'obscurité du quotidien. Mind Game est un film sur le vertige, expérience ultime de la mort et retour à la vie, une jeu d'esprit où la peur prend ses racines dans la petite enfance et le courage dans ce qui nous reste d'imagination.
Merci à Karine de m'avoir fait découvrir ce diamant noir.
P.S. : cela n'a absolument rien à voir, mais Jacques Oger m'annonce la mort de Jimmy Carl Black, "the Indian of the group" des premiers Mothers of Invention. Les fans historiques de Frank Zappa comprendront ma tristesse.
Puisque je suis dans les brèves, les Cahiers du Cinéma de novembre ont publié deux articles sur Françoise, l'un pour Appelez-moi Madame (DVD à paraître le 18 novembre), l'autre pour Ciné-Romand (avant-première du film à Beaubourg le 15 novembre à 14h dans le cadre du Festival d'automne, à ne pas manquer, que vous ayez participé au happening ou que vous l'ayez raté !).

Commentaires
Ecrit par : Jean-no
Bon anniversaire.
Oui le président Palmer de la série "24" était mieux que la présidente de "Commander in chief" (avec Geena Davis), constamment embarrassée par son rôle de mère de trois enfants (alors qu'un bon président à l'écran n'a qu'un enfant, une fille) et par son accès illégitime au pouvoir (vice présidente elle succède au président décédé). Donc Obama l'emporte sur Hilary Clinton. Ensuite, le président-héros a toujours beaucoup de succès (Air Force One, Independance day) mais à 72 ans et malade, cela fonctionne apparemment moins. Quand à la vice présidente Hockey Mom, ça ne faisait pas un très bon film et il n'a pas encore été tourné : www.collegehumor.com/vide...
Depuis "Gabriel over the white house" (où le président était conseillé par un archange !), dans les années 30, le président est une question de mythe cinématographique.
David Palmer est un personnage inquiétant ceci dit, car il installe une sorte de bonne conscience pour développer une série franchement fasciste et l'idée que si le président a de beaux discours inspirés et une vue haute, il faut que quelqu'un s'occupe de la raison d'état par derrière et torture les méchantes gens qui ont l'air russe, sud américain, français ou bien entendu moyen-oriental.
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Je réintègre les lignes coupées sur mon blog de ce matin pour que le commentaire de Jean-no ne paraisse pas déplacé : " Et encore, l'élection du président américain doit-elle beaucoup à David Palmer qui aurait habitué les états-uniens à la possibilité d'un noir à la Maison Blanche ? Question politique, je doute hélas que cela transforme leur politique entreprise depuis un siècle..."
Ecrit par : Jean-no
oups, merci, effectivement personne n'aurait rien compris sans cette précision :-)