Discorama, comme un dimanche


Ça commence à s'affoler pour les fêtes chez les éditeurs. Prix littéraires d'un côté, coffrets DVD de l'autre, comme si le porte-monnaie était extensible alors que la crise touche les ménages de plein fouet. Lorsque l'on n'en est pas directement victime, on n'a qu'à regarder autour de soi en ouvrant les yeux et les oreilles pour s'en convaincre.
N'empêche qu'il y a de beaux cadeaux à (se) faire, tel ce coffret de 3 DVD (INA, 29,99€) compilant les Discorama de Denise Glaser, programmés le dimanche avant le déjeuner dans les années 60. Avant de devenir la première productrice-présentatrice de la télévision avec son émission dédiée à l'actualité du disque, Denise Glaser avait été une illustratrice sonore recherchée. On pourra apprécier la qualité de ses entretiens devenus des modèles de ce que cela avait été et de ce que cela pourrait être ! Le temps de respirer, d'écouter, de s'exprimer... Beaucoup de tendresse et d'engagement. À l'époque le pouvoir gaulliste contrôlait les informations, mais fichait la paix aux secteurs des dramatiques et des variétés, repères de "rouges" ! C'est devenu plus difficile à partir de 1981, car les socialistes avaient compris l'importance des autres émissions que le Journal... Le réalisateur Raoul Sangla contribua grandement au succès de Discorama, avec ses échelles et ses caméras dans le champ et ses deux tabourets, comme de son égérie. Mais, définitivement virée en 1974, Denise Glaser mourut neuf ans plus tard dans la misère.
Le coffret offre des instants inoubliables, que l'on apprécie ou pas les artistes, peu importe ! Denise Glaser savait faire parler ses invités, les mettre à l'aise, leur laisser le temps... Se succèdent Barbara, Brel, Ferré, Moustaki, Gainsbourg, Polnareff, Lara, Le Forestier... Mais aussi Piaf, Bécaud, Aznavour, Nougaro, Reggiani... Ou encore Xenakis, Dali, Vince Taylor, Johnny, Eddy, Dutronc... Comme Paco Ibañez, Miriam Makeba (récemment disparue), Caetano Veloso, Joan Baez... Et en bouquet final, Dick Annegarn et Nino Ferrer... J'en passe... Elle offrit leur chance à nombre d'entre eux alors qu'ils débutaient...

Ecrit par : jjb
Je ne l'avais pas encore regardée lorsque j'ai rédigé le billet, mais l'émission consacrée à Nino Ferrer est bouleversante, tant par son aspect emblématique de l'émission que pour ce qu'il révèle de l'artiste. Celle sur Dick Annegarn est aussi troublante... Chacune dure trente minutes, la durée de chaque épisode...

Ecrit par : chaman59
Bonsoir, c'est en surfant sur le Net que je passe par hasard sur votre blog...et votre commentaire sur les "Discorama" de Denise Glaser,qui, même enfant (je suis né en 1959), fascinaient une part de moi au point de n'en louper aucun, et, à cet âge, on ne peut me soupçonner d'avoir guigné les genoux de Denise, qui, en sus de tout le talent évoqué ci-haut, était la SEULE femme télévisuelle à pouvoir les montrer ;+)...

Denise, avec le recul, était il me semble la mère spirituelle de Mireille Dumas et autres Pascale Breugnot, en plus sobre et plus élégante, respectueuse...

Et la liste de ses invités, underground parfois, avant même que ce mot signifie quelque chose ici, est également révélatrice de SA personalité...?