Une cinquantaine de précaires, chômeurs, intermittents de l’emploi, du spectacle, étudiants... ont bloqué mercredi après-midi les caisses du Monoprix de la rue du faubourg Saint Antoine. Le contenu a été en partie fourni aux sans-papiers de la Bourse du travail de Paris occupée et aux mal logés en lutte du gymnase Saint Merri...
Comme j'ignore comment l'information sera relayée dans la presse et que je m'intéresse à des formes de résistance à la fois populaires et efficaces, je vous renvoie vers ce passionnant article de Rue89 signalé par Hélène Collon sur FaceBook. Il est indispensable d'inventer de nouvelles formes de lutte qui rencontrent l'adhésion et la solidarité des usagers. Pousser les transports en commun à la gratuité (c'est interdit !) serait par exemple plus efficace que l'arrêt des trains... Monoprix a préféré laisser passer les caddies plutôt que continuer à bloquer les caisses avec un gros manque à gagner ou se lancer dans une action antipathique, risquée commercialement, comme l'intervention de la police, se contentant de porter plainte... Pour une fois l'idée de réveillon me sourit.
P.S. : j'ai été mauvaise langue, je n'aurais rien écrit sur le sujet si j'avais été cherché plutôt le journal dans la boîte ; l'affaire fait la une de Libération ce matin.
Commentaires
Ecrit par : Ninh
"Nouvelles formes de lutte". Comme indiqué dans l'article de rue89, c'est au contraire une action prenant racines dans une longue tradition. Cela me rappelle une anecdote racontée dans "Le Sabotage" d'Emile Pouget à propos d'ouvriers qui avaient limé leurs pelles en disant : "A petite paye, petites pelles" !
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
"Nouvelles" serait en effet impropre si elle concernait sous ma plume l'autoréduction, mais je l'employais dans la perspective de redonner à l'imagination son pouvoir dans les luttes qui nous attendent. D'autre part, elles seront nouvelles, comme tout ce qui devient nouveau parce que popularisé. La nouveauté est toujours relative. En général, elle existe des années voire des siècles avant qu'elle ne soit reconnue et développée. Je pense par exemple aux nouvelles musiques qui nous sont chères. ;-)
Ecrit par : roiubu77
Voilà le genre d'action "coup de poing" que nous devrions faire un peu plus souvent pour secouer les politiques !
Quant à la gratuité des Transports en commun, je suis à 100% pour, comme à Chateauroux ! D'ailleurs, on paie déjà les Transports dans nos impôts alors...
Ecrit par : Méchant
C'est un peu le trip Robin des bois non ? J'aime le symbole : un Monoprix dans le 11e arrondissement ! On ne peut pas faire beaucoup plus parisien, pour ne pas dire bobo parisien (là encore on n'est pas loin de Robin des bois qui est bien l'ancêtre du concept de bobo activiste).
Ce n'est pas bête, car à Auchan ou Leclerc, les vigiles n'auront pas le souci de la bonne publicité et ça se réglera de manière moins pacifique. Il y a cependant peu de chances qu'une telle action atteigne un hypermarché, car il faudrait pour cela traverser le périph', chose que seul un parisien sur cinquante est nerveusement capable de faire.
Prochaine action : exiger des sacs de couchage de chez Colette et, bien sûr, un Nabaztag à 50% du prix pour chaque intermittent précaire ou chômeur sur présentation de sa carte d'abonnement au centre Pompidou...
Ecrit par : rouge vif
L'ostracisme prend toutes sortes de formes. Il est viscéral. La haine du Parisien étouffe la réflexion et l'imagination. Diviser, c'est ce que cherche le pouvoir. Pourtant il faut bien composer avec la situation. Quel type d'action entreprendre en lointaine banlieue ? Êtes-vous certain que les hypers sortiront indemnes de la crise ? Ou bien cherchez-vous seulement à vous rassurer ? Combien de SDF vivent dans votre commune ?