Un poing c'est tout


Johannesburg, avril 1993. Les lois de l'apartheid ont été abolies, mais les élections ne porteront Mandela et l'ANC au pouvoir que dans un an. L'extrême-droite est toujours à l'œuvre. Des snipers sont embusqués dans les townships. Le secrétaire général du Parti communiste sud-africain (SACP), Chris Hani, vient d'être assassiné. Le lendemain, une marée humaine danse en formant des vagues comme un dragon chinois de la largeur de la rue. Le tapis volant qui s'avance en chantant se hérisse de poings levés. L'image replace l'individu au milieu du groupe. Chacun est seul, debout, avec tous les autres, ensemble, dans l'action. Les poings se lèvent vers le soleil. Il y aura à nouveau de la lumière si on décide de la réinventer.
P.O.L. me fait justement remarquer que mes billets politiques manquent d'humour. Ce serait certainement plus efficace, mais je ne sais pas. Peut-être ai-je peur de devenir cynique, de perdre les illusions de mes jeunes années ou encore de trahir les anciens qui m'ont transmis l'histoire de leurs luttes. À moins que ce ne soit qu'une icône héroïque remontant à l'enfance, le goût de l'ultime rebondissement salvateur, mâtiné d'un complexe culturel, de culture physique cela va de soi ! Non, cela n'allait pas de soi. J'avais l'impression de n'avoir d'aura charismatique que dans la parole du tribun... Les journaux satiriques me font à peine sourire. Dans mon cœur je suis un pleureur, un saule acidifiant ses larmes, un jeu de mots me fournissant mes armes comme de fines lames tranchant dans le vif du sujet. J'envie les humoristes capables à la fois de faire des analyses et des propositions. J'aimerais terminer par une pirouette comique, mais n'accouche chaque fois que d'une envolée lyrique. Rien d'anormal pour un musicien ! La musique est rarement drôle.

Photogramme de mon film Idir et Johnny Clegg a capella (Vis à Vis, Point du Jour)

Ecrit par : Guadalupe

Meilleure gestion des questions sérieuses avec humour et fort pour ne pas perdre courage. Ensuite, le problème n'est pas de tuer de sa complexité et bezvyhodnostyu. Parce que au niveau mondial, tout problème grave conduisant à la guerre. C'est terrible.

Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Perdu ! J'ai souri.

Je ris aussi, mais j'ai du mal avec les affaires de la cité.

Ecrit par : pol
Tu es un vrai romantique Jean-Jacques, on peut rire, et pleurer, cela dépend du moment. Je pleure moins que je ne ris, mais c'est parce que je ris énormément. Satie est un drôle de musicien non? Tu dois en connaître énormément d'autres dans le jazz. Je crois qu'on doit rire aujourd'hui, puisque le cynisme, l'absurdité, l'incohérence, la bêtise, la lâcheté et j'en passe sont dans le camp d'en face... et qu'ils sont bien cravatés dans leurs fausses certitudes, morales, systèmes et réformes destructrices... Tu vois j'arrive même à ne pas te faire sourire.