Nous sommes faits


Ma mère disait que nous devenons ce dont on nous accuse. Quel souci de conformité au regard de l'autre nous pousserait à adopter les défauts dont on nous affuble ? J'évoque les traits de caractère péjoratifs, mais il en est de même avec les qualités. Répétez à quelqu'un qu'il est bon, il aura plus de mal à vous décevoir. Répétez-lui qu'il est mauvais, il s'évertuera à vous donner raison plus souvent qu'à vous prouver le contraire. Notre crédulité est-elle en jeu ou est-ce une façon de supporter l'injustice en devenant fidèle à l'image que nous donnons ? Les enfants sont particulièrement touchés par le phénomène. Nos facultés de résistance sociales sont limitées. Il est plus facile de conforter l'impression que nous donnons que de changer ou de tenter de transformer les a priori extérieurs dont nous souffrons. Cela tient à la fois de la méthode Coué et du bourrage de crâne. Le caractère se forge avec le temps pour répondre aux sollicitations sociales ou à l'héritage familial. La névrose n'a rien d'inné. Elle permet de se positionner dès le plus jeune âge face aux émotions dont nous sommes les enjeux, qu'elles soient de l'ordre de la tendresse, de l'agression ou du désordre.

Ecrit par : pol
Et pourquoi tu écris cela? La pensée magique cela marche toujours, mais je me demande bien pourquoi tu écris cela aujourd'hui?

Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
De temps en temps il m'arrive de parler à demi-mots pour ne pas entrer dans la sphère privée. Une aventure récente dont je fus le témoin m'a rappelé cette pensée. Le billet est donc une mise en garde à celles et ceux qui paniquent de voir leurs proches glisser sur une pente savonneuse et paradoxalement en rajoutent une couche. Un avertissement de résistance à celles et ceux que l'on accable en alourdissant leur charge au lieu de traiter plus légèrement de cette souffrance, histoire de ne pas dramatiser les choses. On est bien fragiles et il est parfois plus sage de minimiser les failles pour ne pas les fossiliser. Chacun doit négocier avec ses propres démons. Les révéler est une chose, les soulager en est une autre. Suis-je plus clair ? Sans n'avoir aucune pratique psychanalytique traditionnelle ou institutionnelle, je me suis toujours posé de nombreuses questions sur la manière dont "nous sommes faits" et quelle marge de manœuvre possédons-nous pour changer et nous extraire des situations qui nous font souffrir, la cause remontant en général bien loin dans l'histoire du sujet.

Ecrit par : ......
Quand un blog nous accroche..
Un lecteur(trice) anonyme …. .il lui vient parfois des trucs..
parce qu’au fil des pages, quand on lit régulièrement un blog,on n’y trouve pas que des réflexions, des informations, un ton….. Un portrait du bloggeur se dessine,à partir de bribes, des morceaux APPARENTS. Le dessin (le puzzle) se complète, se modifie
..Votre portrait.
Les réflexions de vos contacts, de vos amis rajoutent des traits au portrait.. et à leur leur appréhension des choses,d’eux,de vous…
Depuis quelques jours, on sent pointer chez vous des questions, un malaise, un doute,comme une gueule de bois
Oui, un flottement.
Qui contraste avec les affirmations,les « envolées lyriques » d’avant
On se dit : « a-t-il été touché par un reproche qu’on lui a fait, est-il dans un creux de vague ? »on se préoccupe de vous comme d’un ami
Qu’une telle fragilité apparaisse vous rend plus vivant, plus sensible aux yeux des lecteurs qui ne vous connaissent pas, et que la richesse de votre blog a accrochés

Ecrit par : jjb
Cher(e) ......,
merci pour votre message qui me touche.
Je ne vais pas me plaindre si je compare ma situation avec le monde proche et lointain qui m'entoure, mais à écrire tous les jours de l'année il arrive forcément des moments où l'on vacille.
J'ai la fâcheuse habitude de répondre franchement lorsque l'on me demande comment ça va, et cela jette parfois un froid.
J'essaie en effet de ne pas tricher, en évitant seulement de mettre en difficulté des proches ou des moins proches. Parfois la colère ou la tristesse me font dépasser les bornes que je m'étais fixées, mais c'est "ainsi que les hommes vivent".
L'époque a été plus clémente, mais on se bat bien ;-)
Bien à vous,
jjb