Le cirque Calder


Il est rare de pouvoir admirer les petits personnages du Cirque de Calder. Si le film de Jean Painlevé tourné en 1955 (ci-dessous) est projeté au 6ème (nocturnes de l'exposition "Les années parisiennes, 1926-1933" tous les jours jusqu'à 23h, sauf le mardi où les musées sont fermés) et au 4ème étage de l'exposition présentée au Centre Pompidou jusqu'au 20 juillet, on trouvait celui tourné en 1961 par Carlos Vilardebo (ci-dessus, moins complet mais peut-être plus enlevé) depuis quelques années en DVD aux Éditions du Paradoxe avec en prime Les mobiles de Calder et Les gouaches de Sandy. Comme j'avais déjà eu la chance d'admirer le Cirque, ce sont les portraits au fil de fer qui me surprennent le plus. Leurs ombres projetées sur le mur blanc révèlent un autre aspect de chaque personnalité. C'est la magie Calder, jeune artisan illusionniste qui fait ses premiers pas dans l'art, avant sa rencontre d'avec Miró, avant ses célèbres mobiles et stabiles qui feront sa renommée. On retrouvera ce goût de l'enfance et du jeu chez Tinguely, digne héritier de cet enchanteur. Petit détail, mais de taille et de bonne, saluons les cartels qui précisent titre, date, etc. bien au-dessus des œuvres, lisibles sans bousculade et sans qu'on ait besoin de chausser ses bésicles.
Plus loin, la rétrospective Kandinsky (jusqu'au 10 août, 11h-23h comme la précédente) montre la fraîcheur du jeune russe qui se laissera trop rapidement influencer par ses contemporains dès lors qu'il voyagera... Les premières salles éclatent de couleurs et de formes merveilleuses, des bleus électriques explosant parmi les couleurs chaudes de ses époustouflantes "improvisations"... Les dernières œuvres semblant cette fois empruntes des mimis aborigènes donnent envie de revenir au point de départ, celui de l'innocence...


Ah, c'est un bien autre cirque que celui de la veille ! Pour répondre à certains commentaires et suite aux confessions de quelques participants de cette prétendue Force de l'Art, je souhaite préciser qu'avec une telle présentation une œuvre de sens se serait glissée au milieu du fourre-tout que l'on n'y aurait vu que du feu, éblouis par tant de poudre aux yeux, du sable en l'occurrence, la vilaine affaire ! Si nos lapins s'étaient retrouvés dans cette galère, ils auraient certainement parus aussi crétins que les autres, à ramer contre vents et marées, engloutis par l'or que les marchands y briguent, courbettes et pompeux propos à l'appui. Toute la manœuvre est un mensonge, très peu d'œuvres ayant été conçues pour l'occasion (voyez les dates) contrairement à ce qui est annoncé, supercherie ostensible tant le le lieu magnifique s'en trouve inexploité. On aurait imaginé prendre de la hauteur ou se promener sur les coursives désespérément désertes. Le public crédule s'en retrouve berné et, non, je ne confonds pas Duchamp, Klein ou Beuys avec ces professeurs indignes de leurs chaires qui présentent en ces lieux toute leur fatuité à briguer naïvement les places de ceux qu'ils "ensaignent"...
Comme les cinéastes qui ont choisi de défendre la loi Hadopi, trop vieux pour comprendre ce qui se joue dans notre monde en pleine mutation, les artistes qui se prêtent à ce jeu d'écritures ratent l'avenir en collant à la demande marchande et se compromettent dans cette tricherie indigne de notre siècle naissant.

Ecrit par : Pilote
Ahhh... le cirque de Calder...

À part ça à propos d'Hadopi, Numérama pense que l'obsession gouvernementale actuelle n'a en fait rien à voir avec l'industrie du divertissement : www.numerama.com/magazine... ... angoisse ! Imaginer un sursaut démocratique de la part du nouveau centre, angoisse bis !

Ecrit par : Jack
Les artistes se collent à la demande marchande par gout mercantile, rêves bourgeois, et besoins de satisfaire des besoins égoistes. Ils ont sacrifié le dur travail nécessaire de la recherche idé(ologique) à la vie de petits bourgeois assistés.

Ce n'est pas le pouvoir qui les achétent. Mais eux qui se battent, qui exigent de pouvoir vendre leur âme.

Ecrit par : Jack
Julienne,

D'accord avec toi. Elevons le débat. En me traitant d'aigri pour me faire taire? Ou en présentant un artiste Francais, qui va renouveller les fondements de l'art Français. Je t'écoute. Un artiste et une oeuvre essentielle.( pas un produit lancé par la machine, ni un vieux truc)

Ecrit par : julienne de légumes
Jack, vous allez un peu vite en besogne. Vos généralités finissent pas sonner louche. Je crois comprendre que Birgé réagit essentiellement au grand raout ministériel (le déploiement de voitures de police le soir de l'inauguration était disproportionné, ou alors, que craignent-ils ?) et à cette manifestation complètement téléguidée. De là à mettre tous les artistes dans le même sac, vous allez passer pour un aigri... Essayons d'élever un peu le débat. L'article de Poptronics que Birgé indique dans les commentaires de son précédent billet est très intéressant justement... Sinon, oui oui oui le cirque calder, une merveille !
Cordialement,

Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
De mon côté j'ai répondu. Un simple exemple : il y en a pléthore à Kréyol Factory. Pourquoi évite-t-on soigneusement d'en parler ?

Ecrit par : Jack
Se trouvent regroupés dans un même lieu:

-Les commissaires culturels d'état.
-Les flics et les représentants des lois pour saufgarder les intérêts des artistes, à la demande des artistes.
-Les propriétaire des galeries qui font ce qu'il faut pour vendre et spéculer sur leur poulains, leur produits.
-Des artistes, bourgeois du 1/4 monde, qui sont dans la petite contestation. Car c'est le meilleur moyen d'avoir des retombées presse sans risques.
-Des prof-artistes ( c'est pratique pour le réseau et la sécurité de l'emploi) qui s'assure que le niveau artistique restera au niveau d'exercice scolaire.

N'est-ce qu'un événement ponctuel? Non ce n'est que la vitrine de la réalité de l'art Français.
Est-ce qu'il y a autre chose ailleurs? oui, mais ce sera toujours le même model. Une fête paroissiale d'un village copie conforme. Avec son curé, son garde champétre, son instit,son représentant du parti, son gros éleveur et son marchand de mergez.

Le fait qu'ils se battent entre eux, ne change pas le niveau du débat, ni le model.

Ecrit par : Quasimodo
Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son...

Ecrit par : jjb
Dans quel monde vivez-vous, cher Jack ? Vous m'intéressez...

Ecrit par : jack
Quasimodo, oui; Tu as raison. De nombreuses cloches. Une par vilage. Mais toute de la même secte (religion), avec les mêmes cantiques depuis des années.
De nombreuses chapelles. mais toutes sont petites.

Quasimodo. Tu reprends cela autre part.Ou c'est de la création pure?