Objecteurs de croissance


Il y a une semaine, Libération publiait un entretien passionnant avec le politologue et écrivain Paul Ariès, directeur de la nouvelle publication Le Sarkophage, prônant le ralentissement de la société et sa relocalisation. Il nous invite ainsi, individuellement et collectivement, à retrouver le sens des limites. Les comparaisons sont éloquentes : là où un individu sans limites ira les chercher dans la conduite à risques, la toxicomanie, le suicide, la société explosera les inégalités, épuisera les ressources, exacerbera les conflits...
Ariès commence par nous mettre en garde contre les conséquences des crises qui accouchent plus souvent d'Hitler et Staline que de Gandhi et nous incite à apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. Pour ce faire, la première décroissance suggérée est celle des inégalités sociales, car sans elle les classes moyennes continueront de tenter d'imiter les classes aisées, etc. Le monde entier ne pourra jouir des avantages des quelques nantis. Trois milliards d'automobiles est par exemple une chose impossible ! Seule issue, sortir de la civilisation automobile au profit de transports en commun quasi gratuits. Le "toujours plus" n'est viable ni dans le modèle capitaliste, ni dans celui du socialisme. Il faut donc changer notre façon de penser, décoloniser notre imaginaire de consommateur. Ariès, qui choisit la voie démocratique pour compter ses partisans, articule la décroissance sous trois formes de résistance : individuelle en accord avec nos propres idées, collective en développant des alternatives au cœur de la société, politique pour éviter la récupération par un capitalisme avide de toutes les critiques pour se régénérer. Ariès termine en évoquant le désir, moteur incontournable pour nous sortir de l'ornière où nous nous sommes fichus.
Évidemment je résume un texte qui lui-même reprend très succinctement la pensée de l'auteur. Mais c'est certainement aujourd'hui la proposition d'action la plus lucide face au gâchis, au saccage, au crime de masse organisé, à la folie de la vitesse qui nous dévorent tous tel le dieu Moloch. Si nous ne décidons pas d'enrayer la folie qui nous mène par le bout du nez, nous courrons droit à la catastrophe, et nous la savons.

Ecrit par : jean morières
Et revoir notre rapport à la techno-science et ce qu'elle présuppose et implique comme structure sociale (nucléaire, ogm, nano-technologies, etc).
A noter que cela fait une bonne trentaine d'années que certains ont tiré la sonnette d'alarme sans qu'on veuille les entendre. Bonne journée

Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Je savais que ce billet aurait de l'écho vers chez vous ;-)

Ecrit par : pol
Et évidement moi aussi j'aime bien quand tu écris des mots comme cela
en avant comme avant

Ecrit par : Hélène
Tu es sûr que c'est dans Libé (que je ne lis plus depuis le siècle dernier) ? Et pas plutôt sur un blog hébergé par le site de Libé ?

Ecrit par : jjb
Libé (papier) du samedi 2 mai.
Lien Internet en cliquant sur "entretien", agrémenté de commentaires et réponse d'Ariès...

Ecrit par : Jacob
Il faudra en parler aux actionnaires de Libé. Et faire une liste des produits que l'on devrait interdire car ils ne sont pas corrects. Car pas dans la ligne de la pensée.

Ecrit par : Happy
Mais enfin les choses bougent. On a proposé aux patrons un cerceuil ou une valise. Ils ont choisi la valise et partent à l'étranger. Que du bonheur en perspective! Une société sans patrons, sans consommation.. sans toutes ces choses qui ne sont que croissance et consommation. Nous allons avoir la décroissance. génial.

Ecrit par : Merci
La bonne nouvelle, c'est que nous prenons cette bonne direction. Moins de consommation, moins de patrons (ils partent à l'étranger), moins d'usine (et de polution), moins d'argent..Ce nouveau monde sera sur des bases saines et idéales.

Ecrit par : jules
La bonne nouvelle, c'est cet avenir qui se dessine pour nous.

Moins de consommation, moins d'argent, moins de patrons (ils partent à l'étranger), moins d'usines (moins de polution et d'esclavagisme).. Nous allons vivre dans un monde merveilleux. Idéal.

Ecrit par : gandhi
La meilleure solution pratique serait d'importer une classe dirigeante d'un pays qui n'aurait pas fait ces erreurs.

Nous importons des travailleurs, pourquoi ne pas importer une élite qui n'aurait pas fait ces conneries si bien décrites par nos penseurs?

Ecrit par : Y
Resteraient aussi à penser les conditions de transition, et c'est là que la tâche devient difficile compte tenu des inerties pesantes à affronter : yannickrumpala.wordpress....