Ma main au feu


Même pas mal ! J'en ai déjà parlé, j'apprends à contrôler la douleur. Comme je ne suis pas masochiste et que je ne fais pas exprès de me faire mal, je ne peux pas tester mes théories quand ça me chante. Depuis quelques années, je travaille sur la brûlure jusqu'à non seulement ne plus la ressentir, mais ne même plus en avoir de trace. J'en étais si convaincu samedi que j'ai montré à ma compagne le mauvais endroit de ma main ! Pourtant un peu au-dessus, on voyait très bien la marque... Revenons en arrière jusqu'au grill que je touche en enfournant un poulet fumé à la mode chinoise. Ma peau ressemble alors à une viande dorée à souhait. Impressionnant. Je pose un glaçon illico sur la plaie pendant une dizaine de minutes tandis que j'étudie les sensations successives provoquées par la chaleur et le froid conjugués. J'enfile les adjectifs comme des perles sur le chapelet de mon imagination jusqu'à presque regretter de ne plus rien sentir. Quel autre secret possède le fakir qui marche sur des braises ? La brûlure finit par ressembler à celle du piment que j'affectionne plus que de raison. Je tiens l'analogie. Cela en devient agréable. La grosse sangsue rougeâtre devient un tatouage éphémère qui disparaîtra comme toutes les autres blessures. Enfin, presque toutes. J'ai sur la cuisse un coin de peau particulièrement doux qu'un bistouri dessina lorsque j'étais enfant. Comme si la leçon n'était pas suffisante, je plonge la même main dans les orties dont Françoise a besoin pour la soupe. Pas de trace cette fois, mais une anesthésie électrique et collante qui monte en pointe vers le poing. Stop. On arrête là les expériences. Aller dans le sens de la douleur, l'apprivoiser, rend ces déboires piquants et instructifs.

Ecrit par : pol
Nos traces silencieuses
et un magnifique film qui met en scène une brûlure que Sophie Bredier a eu quand toute petite fille elle vivait en Corée avant d'être adoptée ici...

Ecrit par : victor


Est-ce plus plaisant, valorisant, de vouloir contrôler la douleur que d'être flamboyant?

Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Aucun plaisir, encore moins de valeur là-dedans... Apprivoiser n'est pas contrôler... Le flamboyant est un drôle d'arbre rouge...

Ecrit par : Gilles
Les fakirs marchent assez rapidement pour que les brûlures n'aient pas le temps de se propager, enfin c'est l'explication des scientifiques (l'un d'eux téméraire avait aussi essayé s'était fait filmer), mais il doit faire chaud quand même, le mental doit y être pour beaucoup aussi.

Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Lorsque je me suis brûlé la dernière fois, j'ai laissé ma main une fraction de seconde, et maintenant j'ai une plaie ouverte, mais au moins je n'ai pratiquement pas souffert. J'étais sérieux avec mon "même pas mal". Donc ça marche pour la douleur, pas encore pour les séquelles ;-)

Ecrit par : Gilles
Comme le gars qui se fait happer un membre par un requin, il parait que sur le coup il ne sent presque rien, juste un sentiment de chaleur; les machoires anesthésiantes ;-)