Urgent Meeting III ?


Après deux jours de cauchemars régressifs qui renvoient à l'enfance, je fais un rêve productif et prémonitoire. Chaque fois que je coince sur un virage majeur de mon travail, la réponse finit par se présenter de manière fulgurante. Je me souviens avoir eu l'idée d'Urgent Meeting et Opération Blow Up en mettant la main sur la poignée de la porte de la cuisine de l'Île Tudy. Le knack ou comment l'avoir. Une macération lente sans fixation. L'idée fait son chemin dans les méandres de l'inconscient et finit par croiser le réseau de fils tendus pour la piéger. Une bissectrice se dessine entre l'organisation obsessionnelle acharnée des listes et l'attente patiente du flash intuitif. Mon Pop'Lab pour Poptronics évoque L'étincelle créatrice. Je vivais dans l'appartement de mes parents rue des peupliers à Boulogne-Billancourt, au 59. De jeunes musicens et musiciennes étaient venus improviser un dimanche sur mes structures baroques. Ils étaient beaucoup plus nombreux que prévu à répondre à l'invitation. Une dizaine à la fois, mais ma chambre transformée en studio ne pouvait en accueillir que trois ou quatre. Les instruments étaient sortis de leurs étuis. Je n'avais plus qu'à installer les pieds des micros et enregistrer. Je me suis réveillé content. Pourtant je n'avais rien entendu.
Tout reste à faire.
J'ai saisi l'analogie avec le projet Urgent Meeting qui rassembla 33 invités d'origines musicales les plus diverses sur deux cd. Le texte écrit en 1991 commençait ainsi : " Tout contribue à l'isolement : home-studios indépendants, téléphone, fax ; échantillonnage et synthèse, ordinateurs, classification arbitraire des musiques, disparition des petits disquaires spécialisés, querelles de clochers, manque d'interlocuteurs au sein des institutions, quasi inexistence de la critique... Les trois compositeurs-interprètes d'Un Drame Musical Instantané réagissent à leur niveau en constituant un lieu de rencontre systématique qui leur permette de partager leurs acquis compositionnels et leur goût du risque avec les musiciens et les musiciennes qu'ils aiment ou qu'ils souhaitent rencontrer.... Les compositions du drame, répertoire original de "musique à propos", sont ici conçues comme des écrins, et la liberté totale d'instrumentation et d'invention reste le privilège de leurs invités. Libre à ceux-ci de faire basculer l'œuvre dans leur camp, entraînant le trio vers des contrées insoupçonnées. Les termes de la rencontre sont informels mais le rituel est toujours le même : d'abord le choix de la pièce parmi le répertoire proposé, ensuite installation, accord autour d'un agréable repas, enregistrement et mixage en temps réel... Les œuvres se caractérisent par leur titre, leurs propos, leur forme générale, l'instrumentation du trio et certains de leurs choix préalables (timbres, textes, rythmes, mélodies, etc.), le nombre d'invités requis et leur rôle... Les thèmes abordés sont ceux des conversations de tous les jours, souvent amorcés pendant le repas, et l'ensemble doit aboutir à une sorte de journal vivant, longue suite de cosignatures où chacun ou chacune raconte sa façon de voir les choses..." Suivaient sept thèmes proposés sur l'amour, la mort, l'éducation, la démographie, le profit, l'humanité et le progrès, avec de forts partis pris dans l'énoncé des titres ! Le texte qui accompagnait le second volume, Opération Blow Up, se terminait quant à lui par : " Contrairement à la coutume nous ne nous sommes pas rencontrés pour enregistrer, l'enregistrement fut le prétexte à nous rencontrer. " Nous n'avions pas les moyens de rétribuer nos invités, ce qui n'empêcha pas le générique d'être exceptionnel. Par ordre d'apparition : Colette Magny, Raymond Boni, Geneviève Cabannes, Didier Malherbe, Michèle Buirette, Pablo Cueco, Youenn Le Berre, Michael Riessler, Laura Seaton, Mary Wooten, Jean Querlier, François Tusques, Dominique Fonfrède, Michel Godard, Gérard Siracusa, Yves Robert, Denis Colin, Louis Sclavis, Vinko Globokar, Brigitte Fontaine, Frank Royon Le Mée, Henri Texier, Valentin Clastrier, Joëlle Léandre, Michel Musseau, Stéphane Bonnet, Jean-Louis Chautemps, Gÿorgy Kurtag, Didier Petit, Luc Ferrari, Hélène Sage, Carlos Zingaro, René Lussier et le trio du Drame.
Mon nouveau projet, encore confidentiel, n'a évidemment rien à voir ni à entendre, même si j'y décèle quelques analogies. Le support ne sera pas un cd, mais se répandra sur Internet. Ce qui le rapprochera d'Urgent Meeting, c'est la multitude des invités, nombreux parmi les plus jeunes déjà en activité, et le choix d'une décennie parmi les dix proposées, le sujet embrassant cent ans de création. Mon rêve m'a permis d'entrevoir le processus opérationnel qui me manquait pour continuer. Il ne me reste plus qu'à prendre le taureau par les cornes et agencer les playbacks sur lesquels mes invités opèreront leurs regards critiques et inventifs ! Il y a un an j'avais déjà extirpé pas mal d'éléments sonores inédits des archives.
Y a plus qu'à...

Ecrit par : POL
Ton texte il faudrait l'afficher.... partout cela donne une excellente définition du fonctionnement d'un artiste, un vrai, ce que tu racontes est valable pour la musique, mais évidemment pour toute forme de création
c'est super.

Ecrit par : Mills
C'est un texte très riche. Il permet de saisir le pourquoi de la démarche artistique. Et en quoi un artiste n'est pas formé mais qu'il a un don. le process est trop complexe pour qu'il puisse n'être le résultat d'une éducation.
Le beau, le bien ne peuvent se construire que par la rencontre exceptionnelle d'éléments qui ne sont pas sensés se rencontrer.
Cela va plus loin que le beau et le bien. Cela peut aussi se dire pour l'élévation à l'excellence de l'Homme. Ou au moins de l'Homme choisi.Merci, oui merci de m'avoir fait l'honneur de découvrir un si interessant texte.

Ecrit par : chimèrique
C'est mieux comme cela. Seuls entre tes murs et à aligner des mots et des noms pour la plus grande chimère.

Ecrit par : L'artiste
Oui. L'artiste ne peut développer son imaginaire que dans la diversité des questions qui l'interpellent.
Nous avons "la chance" que notre société ait évolué de telle manière que les questions qui se posent à nous sont d'un nombre et d'une qualité supérieurs. Comparées à celles dont pouvaient profiter nos anciens. Cependant la question reste de savoir si l'artiste sait se laisser interpeler par les meilleures des questions. Ce qui est loin d'être assuré dans la majorité des cas.

Ecrit par : mills
Désolé jjb, mais Mills aussi! Tu es un si facile lapin.
Pour les années à venir tu devrais varier tes sources pour enrichir ta grille de lecture. L'accumulation de petites phrases d'accroche fait des sons mais pas du sens ni l'intelligence.
Merci pour ce petit repas distrayant.

Ecrit par : L'ère
Cher L'artiste,
je ne comprends rien à vos commentaires qui ressemblent pourtant à des lapalissades.
Nombre des questions et qualité supérieurs au passé, où êtes-vous allé chercher ça ?
Ou bien tentez-vous de justifier vos allusions par leur inanité ?
Dans ce cas, bravo, c'est réussi !
Un pauvre ère.

Ecrit par : l'artiste
l'ère;

je suis désolé si vous ne comprenez pas. Vous avez certainement raison de penser que le passé ne posait pas moins de question que le présent. Si c'est ce que vous pensez.
Excusez aussi l'inanité de mes remarques. Je ne voulais d'aucune manière être désagréable. Bien au contraire. Je ne cherchais que votre compréhension.

Je suis quelque peu étonné, cependant, que vous vous soyez senti obligé d'être insultant. En quoi mes lapalissades et inanités peuvent-elles, à ce point vous déranger.



Ecrit par : L'ère
L'arrogance de votre signature usurpée...
En l'absence de toute argumentation, si ce n'est vous répandre...

Ecrit par : l'artiste
" Ma signature usurpée" ? de quel loi, ordre, monopole... vous parlez? Vous maitrisez bien le sens de votre verbe?
Quant à votre propre argumentaire, il est fort de légèreté. Et semble être plus dans le registre de l'accroche que de la pensée.

Ecrit par : jjb
Désolé pour L'artiste et L'ère, mais je préfère ne pas continuer à publier les commentaires de ce duel stérile...

Ecrit par : moqueries
Tu n'as pas compris? les pseudos ci-dessus c'étaient mes petits lapins. Quand il s'agit de réciter un discours formaté politiquement correct, c'est pas difficile. Tout le monde peut-être un petit lapin comme toi. Mais qu'est-ce qu'on vaut, tout seul,vraiment, alors? Pas grand chose. Mais pour ne pas le remarquer il vaut mieux alors rester avec des amis-flatteurs qui vous ressemblent.

Ecrit par : diner de con.
Tu ne veux pas admettre que c'était juste un diner de con. En ton honneur?