The Wire, image de la société américaine


Le marathon de Berlin Alexanderplatz est une broutille en regard des séries américaines qui accumulent les épisodes de 52 minutes année après année. Il aura fallu du temps pour arriver au bout des cinq saisons de The Wire, produite par HBO et considérée par beaucoup comme la meilleure série que la télévision américaine ait jamais produite. On raconte qu'Obama partage ce point de vue et qu'il est fasciné par le personnage d'Omar, bonne pub ! Derrière l'enquête policière se profile un tableau documentaire des États-Unis, peinture au vitriol fondamentalement pessimiste où toutes les couches sociales sont connectées à la corruption, des habitants des quartiers les plus pauvres aux politiciens qui régissent le pays. Les acteurs sont plus vrais que nature, certains sont même sortis de la rue, à tel point que l'on a souvent l'impression de toucher au réel. Chaque accent est si véridique que des camarades américains suivaient les sous-titres français lorsque je leur ai montré certaines séquences ! Le traitement n'est ni manichéen ni moraliste, il cherche à se rapprocher de l'enquête journalistique. L'auteur, David Simon, travaillait d'ailleurs au Baltimore Sun que l'on retrouve dans la dernière saison. Quel que soit le côté de la barrière derrière laquelle ils vivent, les personnages ne sont jamais d'un bloc, mais montrent des aspects contradictoires de leur personnalité. Ils évoluent avec le temps et selon les circonstances. Les policiers dépassent souvent les limites de la légalité. S'ils ne sont pas abattus les gangsters apprennent à devenir des hommes d'affaires. Les hommes d'affaires sont des gangsters sans que cela les abatte.


La ville de Baltimore est représentative de la mutation industrielle. Ancienne place forte de la sidérurgie, la vie s'y est dégradée. Les deux tiers de sa population sont noirs et la criminalité dans la communauté y est la plus forte de toutes les villes nord-américaines. Les chances de s'en sortir pour les couches sociales les plus défavorisées posent les mêmes questions que dans nos banlieues. La quatrième saison table sur l'enseignement et évalue l'ampleur de l'enjeu et du travail qu'il exige. Le commerce de la drogue, avec ce que cela implique de violence, est la réponse des pauvres de la rue face aux magouilles immobilières de la haute. The Wire montre que tout est lié. Comment défendre son coin de rue ou comment gérer le budget municipal sont du même ordre lorsqu'il n'y a plus d'autre logique que celle du profit.

Ecrit par : POL
Je n'aime pas les séries américaines ou non, mais effectivement the Wire c'est un pied total... Une série qui fait l'apologie de la police de proximité et de la vente libre de la marijane c'est à voir absolument

Ecrit par : Jacques O.
Très bonne série (je n'ai pas tout vu encore).

Je te conseille aussi Breaking Bad. Dans un genre très déjanté...

Ecrit par : Music Search
L'âge d'or des séries serait-il en train de passer ? Entrons-nous dans l'ère de la production à la chaîne ? Possible, c'est en tous cas à craindre.
Merci de votre passage ! je vous avoue avoir été soulagé d'être le "premier à tirer" ici, contrairement à la saison 5 où votre analyse m'avait presque enlevé l'envie de faire un commentaire. Comme c'est pénible d'être d'accord ... J'espère que vous en ferez un sur cette série qui vous tient à coeur.
Allez savoir ce qui fait qu'on s'attache ou pas aux personnages. Une chose est sure en ce qui me concerne, c'est Snoop qui m'a le plus marqué. Je n'avais pas vu un personnage aussi terrifiant depuis Hannibal Lecter je crois. Sans exagérer.
A une prochaine,

Ecrit par : location voiture marrakech
Excellent blog, merci pour les informations :)et Bonne continuation.