Des milliers de personnes disparaissent chaque année en France. On retrouve souvent les fugueurs, mais nombreux sont pour nous perdus à jamais. Ont-ils changé d'identité, sont-ils au fond d'un lac, voguent-ils vers d'autres îles ? Ce sont souvent des drames pour leurs proches incapables de s'expliquer ces disparitions, rendant le deuil impossible. Récemment des amis qui avaient conclu la vente de leur maison avec un couple de sexagénaires BCBG ont vu s'évaporer leurs acheteurs le jour de la signature définitive, partis sans laisser d'adresse. Plus personne ne répond aux téléphones. Aucune explication. Le silence est angoissant lorsqu'un simple message pour se dédire aurait suffi. Il y a vingt ans, un autre couple avait disparu du jour au lendemain après avoir commandé la partition d'une pièce de théâtre à Un Drame Musical Instantané ; nous avions longuement travaillé ensemble sur leur Protée et le jour où nous avons terminé de mixer la bande, restée inédite, nos commanditaires se sont évaporés.
Le droit à l'oubli est un sujet brûlant sur lequel il se trouve que je travaille actuellement pour Tralalere associé à la CNIL. Les traces que nous laissons sur Internet peuvent à terme se retourner contre nous. La Toile a pourtant permis à chacun de retrouver des amis très chers perdus de vue depuis belle lurette. D'anciennes amours, des camarades de classe, des collègues réapparaissent ainsi régulièrement grâce à une googlisation méthodique. Il est facile de se transformer en détective. Sur son blog Étienne Mineur s'inquiète à juste titre de la puissance de Google. Il n'empêche que certaines recherches restent vaines, ce qui est inexplicable pour des individus qui devraient raisonnablement être exposés. Des ingénieurs et des artistes du Net se sont ainsi volatilisés. C'est plus incroyable que par exemple pour mon copain de classe Jean-Pierre Laplanche ! Ont-ils effacé méticuleusement leurs traces ? Sont-ils morts ? Les filles ont parfois pris le nom de leurs époux, mais pour les garçons le mystère restera entier. Certains noms résistent à l'enquête policière. Contrariés d'avoir perdu irrémédiablement tel être cher ou un débiteur indélicat, nous comprenons qu'il y a des milliers de raisons de préférer disparaître pour refaire sa vie ou la fuir. Savoir qu'il est possible aujourd'hui, dans notre société de contrôle, de s'évanouir aux yeux de tous peut somme toute être considéré rassurant !
Commentaires
Ecrit par : jehv
"Les traces que nous laissons sur Internet peuvent à terme se retourner contre nous."
c'est un faux debat , il vaudrait mieux expliquer aux gens comment utiliser l'outil et ses risques sa evitera de se poser la question comment se faire oublier.
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Les risques d'aujourd'hui ne sont pas forcément ceux de demain. Par exemple, des idées s'exprimant librement dans un type de société peuvent devenir dangereuses avec une autre direction politique. Des propos tenus légèrement à l'adolescence peuvent devenir handicapants à l'âge d'entrer dans la vie active... Ceux qui croient n'avoir absolument rien jamais à (se) reprocher, actes ou propos, manquent seulement d'imagination. L'avenir saura leur rappeler.
Nombreux internautes ont "le courage" de leurs opinions et laissent leur nom et leur mail sur leurs commentaires. D'autres préfèrent l'anonymat. Cela n'a-t-il pas un rapport ?
(je ne publie d'ailleurs pas souvent les anonymes qui n'ont que très peu d'intérêt justement parce qu'ils n'assument pas sérieusement leurs paroles et se répandent essentiellement en propos incohérents ou serviles, se gargarisant en insultes sans autre fondement que le discours officiel ou une névrose qui ne nous regarde pas, ils ne pèsent pas le sens de leurs mots... Je leur fais une faveur en les effaçant ! Qu'ils sachent tout de même qu'ils sont parfaitement localisables, même avec des IP mobiles... Mais, n'étant pas flic, je m'en fiche quand d'autres les enfichent).
En tant qu'artiste engagé dans un combat permanent depuis plus de 40 ans, par mon travail, mes prises de position et de parole, mes adhésions à des causes parfois illégales, j'assume ces risques, car j'en suis conscient, mais nombreux citoyens ne pensent pas toujours aux conséquences des traces qu'ils laissent ici, et ailleurs.
Ecrit par : demain
Cela signifie que tu n'envisages pas d'évoluer. Et que tu ne peux envisager que tes écrits puissent un jour être insultants face à tes nouveaux savoirs. Tu as atteint l'excellence divine.
Ecrit par : artiste engagé?
Cela fait 40 que tu prends des risques? Et en 40 ans combien de fois tu as "payé" la prise de risque? Jamais certainement. Alors tu ne sais rien des raisons qui font que quelqu'un doit être anonyme.
Le seul "risque " que tu pourrais prendre, c'est d'être contredit sur ton blog. Et que fais-tu? Tu zappes!!
Arrêtes de te la jouer "preneur de risque". C'est le ridicule qui te tuera, certainement pas la fatigue d'une cause. Ne dis pas des trucs comme cela à ta femme, elle serait génée de ne pouvoir retenir son rire.
Ecrit par : philippe de meudon
salut jjb,
d'après ce que tu écris et un autre billet dont je me souviens, tu as beaucoup de débiles qui t'écrivent et que tu ne publies pas ?
Sur mon blog j'ai un graphiste particulièrement tenace qui de temps en temps se répand et que les poubelles ne ramassent plus...
Allez, bon courage et à la revoyure !
pdm
Ecrit par : jjb
Juste un ou deux dont je reconnais les IP, ce qui m'évite de les lire. Ça va directement à la poubelle. Chez moi elles passent encore le soir quand il fait nuit. C'est étrange. Ces désœuvrés ont du temps à perdre. Ils détestent ce que j'écris et ils reviennent tous les jours. Ces derniers temps, il y en a un qui laisse des trucs plusieurs fois par jour, chaque fois sous un pseudo différent. Un maso qui n'a que ça à faire. Il sait que je ne le lis pas, que ses inepties ne seront pas publiées, mais il continue de s'escrimer dans le vide. J'imagine un type très seul, célibataire forcément. En fait il ferait un bon personnage de fiction. Il faut que je vois ça autrement. Ça me rappelle les malades qui appelaient au téléphone sans dire un mot (www.drame.org/blog/index..... Tu te souviens ? En fait je compatis, ce sont les restes de ma culture judéo-chrétienne. C'est comme prêcher dans le désert, sauf qu'ils n'ont rien d'autre à dire que des âneries. S'ils s'exprimaient, ils parleraient de leur misère, c'est impossible, ils ne peuvent pas. C'est seulement triste et je n'aime pas trop les histoires tristes.
Porte-toi bien, ça fait un bail !
Ecrit par : Ne te trompe pas toi même
Moi en tout cas tu me lis. Tu devrais avoir la petite étincelle de courage pour entendre ceux qui ne sont pas que des flatteurs. Tu sais quand on va voir un malade, chacun fait très attention de ne pas être désagréable. C'est ta situation. Tu te plais dans cette situation de malade? Pour les morts, c'est la même chose. Tout le monde ( en général) se sent l'obligation d'être gentil. T'aimes bien être mort? Tu rejettes tout ce qui est un peu trop la vie. Depuis toujours. La marque de la vie de ton père?
Quelles fleurs tu veux sur ta tombe? Des fleurs blanches?