Jonathan me signale la nouvelle série dont on parle sur la télévision américaine. Tremé est le quartier de la Nouvelle Orléans où se passe l'action trois mois après le passage de l'ouragan Katrina en 2005. Il s'agit plus exactement d'une situation, étude réaliste d'une communauté qui résiste à sa disparition. La musique donne le ton, fanfares, jazz-bands, rappers, DJ avec un entrain dont auront bien besoin les protagonistes pour reconstruire leur ville abandonnée par les autorités, dèjà avant la catastrophe, et pour cause. Créée par David Simon à qui l'on devait déjà The Wire et Eric Overmyer qui y avait collaboré, Treme risque de devenir un nouveau succès. Au delà de la musique omniprésente, Simon aborde la corruption politique, le scandale des logements municipaux, le système judiciaire, les heurts entre policiers et "Indiens" du Carnaval, ainsi que les enjeux de l'industrie touristique après la tempête.


Parmi la foule de bandes-annonces qui ont envahi YouTube, j'ai sélectionné cette deuxième peut-être à cause des musiciens. On y aperçoit Elvis Costello, Allen Toussaint, Dr John, Kermit Ruffins et bien d'autres. Consternant pour une production capable d'aborder des sujets aussi chauds, les bandes-annonces succombent au caviardage des fucking words que la série ne peut s'interdire tant le traitement cherche l'authenticité, y compris dans les jargons et les accents. En cela, les sous-titres anglais seront indispensables, même à de nombreux Étatsuniens ! HBO, fidèle à ses habitudes, met en ligne un site rempli d'informations, entretiens, reportages, extraits, photos, et même la liste des morceaux joués dans chaque épisode dont certains évidemment achetables en ligne... Seulement trois épisodes sur les dix de la première saison ont été diffusés aux États Unis, mais on sait déjà qu'une seconde est en production. Pour ce que j'en ai vu et entendu, les amateurs de jazz seront comblés. La fiction réussit là où Spike Lee s'était planté par trop de complaisance et manque de rythme avec son lourdaud documentaire When the Levees Broke. Ici, jazz, funk ou rap, ça swingue d'enfer ! À suivre.
Commentaires
Ecrit par : jjb
Oui les lignes de blanc sont les deux bandes-annonces de YouTube. Mais que vas-tu donc faire dans ce pays qui ne reconnaît toujours pas le génocide arménien ? Jusqu'ici j'ai boycotté. Tradition familiale. Je ne suis jamais allé en Espagne avant la mort du Caudillo. Pourtant j'ai traversé quelques dictatures, mais l'Espagne et la Turquie, c'était un truc de mon père... Françoise aimerait bien aller tourner là-bas sur les traces de sa propre famille. Je traîne les pieds...
Ecrit par : mc
Pour une fois que j'aurais eu envie de regarder la télé… impossible ! Je suis à Istanbul et Youtube y est interdit. Ton post à son tour est caviardé : que du blanc entre les lignes de texte. La censure rassure… pas sûr ! En Turquie, il s'en passe, il s'en dit, il s'en voit des choses… qui a peur de qui ?
Ecrit par : mc
Tu imagines bien ce que signifient pour moi les questions arménienne ou kurde… mais tous les Turcs ne s'alignent pas sur la position de leur gouvernement et beaucoup s'activent à la modifier, jusqu'à en mourir assassinés parfois… Moi, ma crispation, ce sont les colonies françaises (dites DOM-TOM) ! Notre "propre" pays a-t-il reconnu, entre autres, les massacres de Sétif (8 mais 1945 !) ou ceux de Madagascar en 1947 (officiellement 110 000 morts) ? Il ne s'agit pas de compter les cadavres, mais moi je ne mettrai pas les pieds dans les colonies françaises à moins d'avoir à y travailler pour le bien commun.
Istanbul est une ville prodigieuse (13 millions d'habitants, en basse saison, venus de toute l'Europe et toute l'Asie), pleine d'une énergie tourbillonnante, ça part dans tous les sens — le pire comme le meilleur — et il y a ici une façon de penser l'entassement des siècles et des cultures bien différente de la nôtre… pour ma part, puisqu'il paraît qu'il y a encore de l'Europe pour un moment, j'aimerais bien y voir entrer la Turquie, et pour notre bien à tous (plutôt que la Pologne, s'il faut choisir !) C'est une position plutôt instinctive, je le reconnais, et ça relève peut-être de la chimie aventureuse !
Ecrit par : jjb
On a chacun/e nos lubies et nos antipathies culturelles ou politiques. J'ai trop d'amis guadeloupéens pour boycotter leur terre. Quant à l'Algérie, on peut y aller, ils se sont affranchis ;-) Que faire des Etats Unis, de l'Afrique du Sud, Israel et tutti quanti ? Il y a des résistants partout, heureusement. Après, c'est juste une question de comment on négocie avec tout cela au quotidien. Je me verrais bien prendre mes prochaines vacances en Birmanie ! Et pourtant...
Il n'y a plus aucun endroit où aller / rester en bonne conscience ;-)
P.S.: le captcha anti-spam me demande quelle est la capitale de la Belgique !
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