Robert Wyatt et Katerine, quand simplifier réfléchit la complexité du monde


Depuis Shleep Robert Wyatt n'avait pas réussi un aussi bel album. Le tendre '......... for the ghosts within' est une œuvre à trois voix, cosignée par le saxophoniste anti-sioniste Gilad Atzmon, israélien naturalisé anglais (je pointe le lien vers Wikipédia anglais, le français étant un tissu d'allégations honteuses) déjà présent sur Cuckooland et comicopera, et la violoniste Ros Stephen qui dirige le Sigamos String Quartet augmenté du contrebassiste Richard Pryce. Avant que Wyatt ne les rejoigne, tous travaillaient déjà ensemble sur les standards jazz, en particulier un hommage à Charlie Parker, qui occupent la majorité des plages du CD (Laura, Round Midnight, Lush Life, What's New?, In a Sentimental Mood, What a Wonderful World). Si la voix du chanteur ne possède plus sa vertigineuse vélocité passée, le son du quatuor participe à cette fébrilité éraillée qui donne l'impression de marcher sur le fil du rasoir sans ne jamais se couper. Je suis moins fan des chorus orthodoxes du saxophone alto, mais l'orientalisme donne un coup de soleil au teint pâle du chanteur qui n'a jamais baissé sa garde, surtout lorsque Stormtrap (Abboud Hashem) rappe le texte de Shadia Mansour (Where Are They Now?) ou que la voix de Tali Atzmon chante les fantômes qui flotteront toujours sur la Palestine (The Ghosts Within). Les autres textes sont de l'éternelle compagne Alfreda Benge qui signe comme toujours la pochette et la reprise d'At Last I'm Free donnant à ce nouveau disque un petit côté Nothing Can Stop Us. Enfin je ne me lasserai jamais de Maryan composé par le guitariste belge Philip Catherine, homonyme du chanteur corrosif...

Justement, dans un registre radicalement différent, mais tout aussi minimaliste, l'autre disque qui tourne sur ma platine est le dernier album de Katerine intitulé Philippe Katerine, sorte de manifeste intime (présence vocale de ses parents, sa compagne Jeanne Balibar et sa fille) et universel où les textes se résument souvent à quelques mots, leur apparente simplicité dessinant en filigranes une puissante critique de notre société. Longtemps rebuté par les provocations potaches du chanteur, je n'ai saisi son travail qu'en regardant la vidéo d'un concert où il dégageait une énergie rock 'n roll étonnante. Je connaissais un peu ses chansons grâce à mes camarades des Recyclers, Benoît Delbecq et Steve Arguëlles, qui l'accompagnaient et signèrent les arrangements des Créatures et 8ème ciel. Lequel du destroy Robots après tout ou du dernier préfère-je ? Car plus Katerine prend de la bouteille, plus j'adore (et pas seulement Louxor) l'énergie du précédent, mais le minimalisme de Philippe Katerine recèle une causticité encore plus incisive, plus proche de Desproges que de Dutronc. En peu de mots et à peine plus de notes, Katerine capte l'essentiel, si l'on arrive à rire et réfléchir à la fois. Infos et extraits sur le site banane !

Ecrit par : ....
Après avoir lu votre blog
j’ai acheté le dernier Katerine
je ne l'ai pas encore écouté
j’aimais beaucoup celui d’avant
l’album entier
Katerine met le doigt sur beaucoup de choses
Il ne s’épargne pas
Ne se prend pas au sérieux
Dit des choses graves sans en avoir l’air
Avec lucidité, autodérision,le désespoir bien caché derrière les pirouettes
Il fait le mariole
Avec une sorte d’innocence
sans complexe
Les paroles sont faussement légères
J’aimais beaucoup « numero »
Et « le train de 19heures »
Mais les paroles écrites sans la musique ni la façon de les chanter peuvent paraître étranges
Et le dvd « peau de cochon »
En disait beaucoup sur ce qu’il est
Sa vie
Je ne passais plus à côté d’une certaine rue de Montmartre sans l’imaginer après l’y avoir vu y suivre sa femme d'alors