Warren Beatty, cinéaste militant !


Elisabeth Lequerret nous avait conseillé de regarder Bulworth, mais nous ignorions qu'elle ne l'avait pas encore vu. Aussitôt suggéré, aussitôt commandé ! La surprise est de taille devant cette satire échevelée, réalisée par Warren Beatty qui y tient le rôle du sénateur démocrate de Californie écœuré de défendre des idées libérales qu'il ne partage pas. Il abandonne alors la langue de bois au profit des bouts rimés du rap (la musique est signée Dr. Dre & LL Cool J, Youssou N'Dour & Canibus, Method Man, KRS-One, Prodigy & Kam, RZA, Mack 10 & Ice Cube, The Black Eyed Peas, Public Enemy, etc.) et il met un contrat sur sa propre tête. De rebondissement en rebondissement, le film, sorti en 1998, est hilarant et souvent prémonitoire, par exemple lorsque Bulworth dénonce l'assurance sociale que sont obligés de souscrire tous les pauvres...


Jonathan Buchsbaum s'en mêle en nous rappelant que Warren Beatty avait déjà signé Reds en 1981. Nous nous attendions à une chronique plan plan, c'est un nouveau choc, particulièrement la première moitié du biopic contant l'histoire de John Reed, journaliste communiste américain qui rejoint la révolution russe et écrivit Dix jours qui ébranlèrent le monde. La seconde moitié est cinématographiquement plus banale, mais le film recèle une charge explosive et des partis pris formidables comme le témoignage face caméra des véritables survivants (tels Scott Nearing, Dorothy Frooks, George Seldes, Henry Miller) ayant connu le personnage joué par Beatty. Diane Keaton dans le rôle de Louise Bryant, Jack Nicholsoon dans celui d'Eugene O'Neill, Maureen Stapleton en Emma Goldman sont tout aussi épatants.


Nous n'allions pas en rester là. Nous enchaînons avec Shampoo d'Hal Ashby (1975) dont Beatty a écrit le scénario, et The Parallax View d'Alan J. Pakula (1974) qu'apprécieront les amateurs de complots. Nous avions récemment revu, toujours avec Warren Beatty, deux chefs d'œuvre méconnus, Mickey One d'Arthur Penn et Lilith de Robert Rosen, tous deux de 1964.
La plupart de ces films existent en DVD.

Ecrit par : jjb
Waou ! This would be the moon in June !

Sur son blog, le critique de film Glenn Kenny raconte les liens entre les différents protagonistes, dont Alfreda Benge, compagne de RW et meilleure amie de Julie Christie... Celle-ci participa vocalement et sous pseudo au Matching Mole's Little Red Record...

glennkenny.premiere.com/b...

Following up on a comment from "Gloria Gloom" below, I got some clarification on the Beatty-as-benefactor story. I know the old saying is "if the legend becomes truth, print the legend," but as it happens the truth should take precedence here. (The anecdote as I recalled it appeared in an interview with Wyatt in Musician magazine around the mid-'80s; I either misremembered it or the story was muddled itself.) Alfreda Benge informs me that "[After the accident] Warren told me that if we needed help for Robert to get the best treatment to let him know. But this turned out not to be needed, as Stoke Mandeville, an NHS hospital where he was transferred to on the day after his accident, had a reputation for being as good as anywhere in the world." Benge also, as it happens, recalls the topic of the party argument Wyatt and Beatty had: "It was about the danger to Chile posed by US interference."

Ecrit par : AL
Pour parachever cette canonisation de Warren Beatty, précisons un fait méconnu : c'est lui (compagnon de Julie Christie à l'époque) qui a réglé une bonne partie des frais d'hospitalisation de Robert Wyatt après son accident de 1973.