Désagréable impression que de présenter sa carte au guichet en annonçant "Polisse !". Il paraît que le CNC (Centre National du Cinéma) n'en délivre plus. La perte de conscience politique et l'affaiblissement syndical y sont probablement pour quelque chose. J'ai fini par faire plastifier la mienne qui s'en allait en charpie.
J'avais aidé Elsa à faire des copies CD à vendre à l'occasion du concert d'Odeia le 2 novembre aux 3 Arts. C'était l'usine, tous les Mac réquisitionnés, la mise en pochette, etc. On a terminé juste à temps pour que je dévale la colline jusqu'au Cin'Hoche.
Ayant beaucoup apprécié Pardonnez-moi et Le bal des actrices, je suis toujours aussi emballé par le troisième long métrage de Maïwenn. Mis à part le sujet, le quotidien de la Brigade des Mineurs, et une direction d'acteurs absolument magistrale, la réalisatrice a de la suite dans les idées. La fiction nous plonge dans un univers documentaire où la manière de filmer des comédiens au sommet de leur art est carrément jubilatoire. À part les rôles principaux tenus par Karin Viard, Marina Foïs, Joeystarr, Nicolas Duvauchelle, Jérémie Elkaïm, Karole Rocher, Sandrine Kiberlain, Frédéric Pierrot, Riccardo Scamarcio, Emmanuelle Bercot (co-scénariste), Maïwenn elle-même (témoin discrète), etc., on a l'impression que nombreux personnages sont directement sortis de la rubrique des faits divers, comme si la mise en scène ne s'embarrassait pas de la vérité, illusion entretenue par nombreux documentaristes et adaptateurs, pour ne privilégier que la crédibilité. J'entends la phrase de Cocteau qui me guide souvent : ne pas être admiré, être cru. En outre, le sujet, pédophilie et maltraitance, sans préjugé de classe, éclabousse toute une société dont les cadavres emplissent les placards, et l'image de la police va à contre-courant de celle donnée par les tenants du tout sécuritaire. Qu'il est agréable de se sentir impatient de voir la suite des œuvres d'une cinéaste sans que ce soit par accoutumance (je fais référence aux séries américaines qui finissent par s'essouffler après avoir connu leur âge d'or) !
En rentrant j'ajoutai quelques photos du catalogue de l'exposition Mémoires du Futur à mon article de lundi dernier et un widget offrant d'acheter directement sur iTunes mon roman La corde à linge édité par publie.net. Qualité d'Internet de pouvoir corriger ou actualiser le passé sans avoir besoin d'apporter de démenti ou de continuer à propager des bêtises.
Commentaires
Ecrit par : roland
Film detestable et racoleur.je vous laisse lire la chronique ci-dessous : www.critikat.com/Polisse....
Ecrit par : roland
Effectivement on ne peut s'entendre car je considere "Le guerre est declaree" comme un excellent film
Ecrit par : jjb
Pourquoi tant de haine ? J'ai cherché vainement ce que signifiait l'article de Mathieu Macheret. Comme son article ne dit en définitive pas grand chose je n'ai pu que spéculer sur les non-dits.
Ecrit par : roland
Pourtant tout est explicite .Ce film prends comme pretexte de nous montrer le travail de ces policiers et des situations dramatiques pour un film qui se revele au final qu'une tres bonne comedie et d'aligner une floppee de comediens. Les cas d'enfants maltraites se suivent mais la realisatrice ne prends jamais la peine de s'interesser a eux plus de cinq minutes,contrairement a d'autres films comme "entre les murs" ou "welcome".
Cerise sur le gateau ,la realisatrice pour mieux vendre son film raconte sur tous les plateaux de television son enfance maltraites !!!
Ecrit par : jjb
Il semble que vous confondiez l'œuvre cinématographique avec un reportage télé. Le film emprunte le ton de la comédie pour mieux faire passer l'horreur de certaines situations. On a vu cela récemment avec "La guerre est déclarée" dont la direction d'acteurs et la construction dramatique sont hélas loin de "Polisse!", avec certes un budget beaucoup plus modeste. Les deux films que vous citez en exemples ne portent pas sur le même sujet et bénéficient d'une approche très différente. J'ai l'impression que la personnalité de Maïwenn vous irrite et vous rend sourd à sa mise en scène. Dommage, mais il est toujours difficile de s'entendre sur un médium dont le ressort principal est le système d'identification.
Ecrit par : Jean-Jacques Birgé
Sic ;-)