Si les parents déterminent généralement l'avenir de leurs enfants, les rencontres imprévues peuvent heureusement provoquer des bifurcations, nous permettant d'échapper à ce qui semblait entériné par notre appartenance sociale. Ainsi, pendant nos années de formation, certains professeurs orientent parfois considérablement nos choix. Je me souviens de Monsieur Marnay, prof d'anglais au Lycée Claude Bernard. Plus tard, Jean-André Fieschi joua le rôle de passeur en m'apprenant la plupart de ce que je sais aujourd'hui et la manière de continuer à l'acquérir sans lui. Si au lycée j'avais eu un professeur d'arts plastiques comme Marie-Laure Buisson peut-être aurais-je suivi un chemin différent.
Lorsqu'elle enseignait au collège de Palaiseau, elle m'avait montré d'incroyables pop-ups réalisés par ses élèves. Mutée depuis l'année dernière au Lycée Julie-Victoire Daubié à Argenteuil, elle a ouvert un blog à l'intention de ses seconde, première et terminale. J'ai découvert ainsi le résultat du thème Riens du tout remarquables qu'elle avait initié. La pomme d'Ananda P. sculptée avec les dents côtoie les plastiques illuminés de Guillaume M et Eddie B, et comme chaque fois l'imagination des adolescents surprend par leur originalité et leur fantaisie. Elle peut être grave comme pour les séries Fascination anatomique ou J'aurai ta peau, ludiques comme Copié-collé ou Autoportraits stylés. Marie-Laure Buisson donne évidemment des pistes en organisant des visites de musées, rassemblant du matériel pédagogique et passant des heures de préparation sans compter... Il faut voir ses yeux briller quand elle évoque les travaux de ses élèves.
Commentaires
Ecrit par : Jean-no
Tiens, c'est drôle, mon fils est en Arts Plastiques au Lycée Julie-Victoire Daubié (un nom sur lequel il y aurait à dire : c'est celui de la première bachelière de France, il a été préféré à Émilie du Châtelet : le symbole de l'accession aux études des femmes préféré à l'authentique femme de sciences...). J'ignore s'il a cette enseignante mais il est très content de ce qu'il fait. J'aurais tellement aimé qu'un de mes enfants soit comptable, huissier, banquier ou je ne sais quoi, que le cycle infernal des vocations artistiques s'interrompe... Mais bon.
Ecrit par : Gilles
Moi aussi je me souviens de M. Marnay, prof d'anglais a Claude Bernard....il donnait des grand coups de talon dans l'estrade, fumait clope sur clopeet disait aux nuls: "que diantre, rentrez sous terre !"; avec ses tics et ses esclandres, je pense que c'était le meilleur prof d'anglais que j'ai eu. Je ne sais pas comment, mais il m'a donné envie de la gym des langues...il laissait essayer de s'exprimer en anglais et donnait le mot exact a partir du sens que l'on voulait exprimer...rétrospectivement, pas mal... Anglais 1ère langue, Marnay en 6ème et 5ème...je parle aujourd'hui 8 langues, dans 5 orthographes différents, et je me dis souvent que je lui dois quelquechose...
Voila.
Gilles