Quelque chose d'incroyable est en train de se passer. La presse en parle peu. Il n'y a rien de secret, et pourtant la nouvelle se propage discrètement, sans vague, mais à la surprise de tous et de toutes. La morosité cède doucement et inexorablement devant l'espoir retrouvé. Car on n'y croyait plus. Les idées n'étaient pas mortes, mais leur réalisation semblait devenue inaccessible, comme une fatalité. Comme si le formatage systématique des consciences nous avait laissés orphelins. Certains disaient que l'on avait les chantres qu'on mérite. Quelle faute payions-nous pour avoir laissé le monde partir à vau-l'eau ? Le prix de nos désillusions nous reléguait à un défaitisme éclairé, optant pour le moins pire. La catastrophe annoncée nous laissait impuissants devant la crise orchestrée qui se profile et dont on sent bien qu'elle n'en serait encore hélas qu'à ses premières manifestations. Aucune personnalité politique ne répondait à nos aspirations de changement. Au mieux, leurs débats étaient velléitaires. Je citais régulièrement le philosophe Slavoj Žižek qui se demandait pourquoi chacun imagine sans peine la fin du monde, mais pas celle du capitalisme. La démocratie, dévoyée, montrait ses limites. Comment prétendre à cette liberté lorsque la manipulation médiatique empêche de penser par soi-même ? Certains refusaient cette mascarade en décidant de ne plus voter. D'autres, dont je suis, avaient toujours opté pour le moindre mal. Quarante ans de vote utile sans manquer un seul scrutin, est-ce de l'abdication ou de l'hibernation ? Je me demandais si je n'allais pas m'abstenir pour la première fois, ou voter blanc. Et puis, tout s'est passé très vite. Et pour chacun. Et pour chacune. Et cela ne fait que commencer. Nous sommes à moins de deux mois de l'élection présidentielle et quelque chose d'incroyable est en train de se passer.
Tous les jours, pendant une semaine, Françoise a insisté pour que je regarde Jean-Luc Mélenchon à l'émission Des paroles et des actes sur France 2. J'ai cédé un dimanche matin pour lui faire plaisir. Je me suis dit : "je regarde dix minutes et puis ça va...". Deux heures et vingt minutes plus tard je suis excité comme un pou. Pas un point de désaccord. En plus, le candidat du Front de Gauche a la hargne et de l'humour, ce qui ne gâte rien. Depuis, j'ai une pêche d'enfer. J'ai regardé sur Internet toutes ses interventions. Il se répète rarement, répond du tac au tac, sa sincérité est évidente. Aux Lilas où chaque vendredi est organisé un concert, nous avons joué au Q.G. de campagne du Front de gauche. L'écoute attentive du public m'a surpris. Les militants sont investis. Je ne développe ici aucun argument. Il faut l'écouter, lui. Sans culte de la personnalité. Toutes nos idées sont là, dans la bouche d'un tribun hors pair. Quelque chose d'incroyable est en train de se passer.
C'est exponentiel. Il n'y a pas un jour sans que chacun/e convainc une personne de son entourage. Il suffit d'insister à ce que nos interlocuteurs ou interlocutrices s'attardent sur ses interventions (en ligne) pour qu'ils ou elles soient conquis. Mes amis connaissent mon indéfectible implication politique, mais c'est la première fois de ma vie que je m'investis pour un candidat. Et l'étonnant, c'est que nous ne sommes pas seuls. Tout autour de nous - mais vivons-nous dans un petit milieu ? - les conversions nous épatent. On craignait de se retrouver seuls et nous croisons chaque jour de nouveaux adeptes. Tel ami, petit patron et socialiste convaincu, nous raconte qu'il a acheté L'Huma Dimanche par compassion à un pauvre militant devant le marché et se rend compte que le journal exprime tout ce qu'il pense. Des citoyens qui avaient peur de voir Le Pen se retrouver au second tour sont conquis. Des jeunes qui n'ont jamais voté sont enthousiastes. Je n'en reviens pas, même le coiffeur qui avait voté Le Pen comprend l'enjeu. Les masques tombent. Les tendances s'inversent. Les sondages, pourtant armes de la manipulation, sont passés de 5% à plus de 10% en moins d'un mois. Le spectre de 2002 est entretenu pour nous empêcher d'exprimer un changement radical. Pourquoi disperser les voix de gauche vers la droite travestie du PS ? Le vote utile aujourd'hui a changé de camp. Le 13 février, François Hollande lui-même avouait au Guardian "La gauche a gouverné pendant 15 ans (...) elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas à avoir peur." Devant de tels propos, c'est à nous de frémir.
Si vous pensez que je me fourvoie, prenez quelques minutes et regardez l'émission Des paroles et des actes du 12 janvier dernier. Quelque chose d'incroyable est en train de se passer.
Commentaires
Ecrit par : jjb
Nombreux commentaires en miroir sur Mediapart :
blogs.mediapart.fr/blog/J...
Ecrit par : jpmc7
Evidemment, c'est enthousiasmant. Le personnage est sincère. Moi aussi j'y ai cru. Mais son programme m'a fait sortir du rêve. Jacobiniste convaincu; il est rétif à la décentralisation. Il ne veut pas entendre parler de fédéralisme. Quand à l'environnement, il n'y accorde qu'un intérêt mineur. Il veut éventuellement commencer à réfléchir à une sortie du nucléaire mais pas trop vite...Quel dommage
Ecrit par : jpmc7
Je ne parviens pas à écrire de commentaire sur le blog de Mediapart... :-(
Ecrit par : Que c'est beau
Que c'est beau. Oui! Moi qui répétais que la TV, ce n'est qu'un pouvoir pour manipuler ceux qui n'ont pas leur propre système de pensée, leurs propres idées. Mais Mélenchon c'est différent. Lui il passe bien. Lui il est sincère. En une heure, le voir à la tv, cela me retourne les idées que j'avais encrées par l'analyse. Ses promesses que c'est beau. Je rêve. je l'aime.
Nationaliser toutes les banques. Taxer à 100% tous les riches. Et ceux qui ne sont pas pauvres. Nationaliser les entreprises. Nationaliser les maisons pour loger les sans logis. Les transports gratuits pour tous.nationaliser les fermes pour avoir les meilleurs fruits pour tous.
je rêve enfin de ce monde ou je pourrais voyager ou je veux, m'installer ou je veux, aller dans une banque pour emprunter sans contraintes ni obligations. Ne faire qu'un travail plaisant. Manger des plats de riches payés au prix des plats lentilles. C'est le rêve que tout le monde a. Tous mes amis voudraient vivre comme cela. Ils me le disent et répètent tous les jours. C'est magnifique.
Nous sommes tous d'accord sur ce que serait ce monde idéal.
Déjà je regarde internet pour préparer un voyage aux USA. Ce voyage que je veux faire depuis si longtemps et que je n'ai pas pu faire faute de temps et de moyens.
Mais la ce sera différent. Avion gratuit, transports aux USA gratuits. Hotels et repas gratuits. Guides gratuits...
Je sens que je vais vraiment aimé mon voyage aux USA. Merci Mélenchon. Mon ami.
Ecrit par : jjb
On peut lire tous les blogs de Mediapart et leurs commentaires, mais pour en écrire il faut être abonné... C'est 9 euros par mois et franchement ça les vaut, d'autant qu'il n'y a pas de pub et que ce sont les 60 000 abonnés qui le permettent ! Il y a aussi je crois une offre d'essai à 1 euro pour 15 jours ou qqchose comme ça...
Ecrit par : domino
Cher JJ je suis tout à fait d'accord avec toi, moi aussi je sens cela comme une vague qui vient... enfin!
Amitiés.
Ecrit par : Enfin
Oui, Mélenchon Président quelle chance nous aurions. Un vrai front de gauche avec les communistes. Un nouveau départ pour une nouvelle France. Tous les laissés pour compte auraient une chance d'avoir leurs rêves et la défense de leurs intérêts.
Je sens cette vague qui arrive. Aléluya.
Ecrit par : roland
Cher JJB vous parlez de ce personnage qui voue un culte sans faille a Mitterand,celui qui fait l'eloge de la chine et surtout du bienfait de l'occupation du Tibet,qui se pavanne dans Gala et qui ne manque pas une occasion de denoncer la poepolisation de la presse,qui est en adoration devant Chavez sans denoncer la derive de ce pouvoir.Il suffit pourtant de lire son livre pour comprendre que cet homme n'est qu(un pur produit politicien de la 5 republique et dont le mot Democratie n'apparait q'une seule fois dans son texte. Comme disait Emmanuel Todd "ce gugusse adorateur de la chine"
Roland
Ecrit par : Melenchon
Oui, c'est un belle vague qui monte.
Comme cette idée de taxer à 75% et plus les riches.
Mélenchon est bien plus malin. Avec lui les riches ne pourront pas partir à l'étranger. Car il les poursuivra à l'étranger pour les faire payer. C'est ce qu'il vient de dire à la TV.
Enfin les riches devront rendre des comptes.
Ecrit par : jpmc7
Déjà abonné à @si qui est vraiment un site génial. J'aime bien Mediapart, mais je ne m'abonne pas faute de temps pour le lire. Bref, tout ceci ne retire en rien ce que j'ai dit à propos de Mélenchon. J'ai pas de conseil à donner à qui que ce soit, c'est vrai qu'il apporte un lueur d'espoir, mais attention à l'idôlatrie...
Ecrit par : david
Oui, cette vague nous promet. Le Front de Gauche va nous apporter cette liberté qui nous manque tant. Je suis impatient qu'ils puissent participer à un Gouvernement avec les Socialistes.
Ecrit par : langlais
Excellent blog, plein d'espoir. Quand je tape Mélenchon, le vérificateur d’orthographe me propose enclenchement... faut il y voir une signe ?
Ecrit par : corOllule
@jpmc7
Vous avez mal lu son programme. Revoyez les détails de la planification écologique qui encadre tout le projet de la ré-industrialisation du pays et la relance économique.
Replongez-vous également dans le chapitre de la gestion de l'eau, des déchets, des transports, et j'en oublie, qu'il inscrit au niveau de la région, voire de la municipalité.