Composition métaphysique de Chirico‬


C'est probablement mon préféré des 23 films de la série Révélations, une odyssée numérique dans la peinture, réalisés par Pierre Oscar Lévy, grâce à sa boucle qui reprend deux fois le même mouvement à l'image en changeant son accompagnement musical. Si Vincent Segal est toujours au violoncelle, la première fois je joue de la guimbarde, du violon, du piano-jouet, alors que la seconde fois je me sers de chimes, du violon, d'un ballon de baudruche et à nouveau du piano-jouet. Les effets, et donc le sens, changent en fonction du synchronisme. Et puis j'aime bien cette instrumentation ludique pour évoquer cette Composition métaphysique de Chirico dont il existe d'ailleurs quantité de versions peintes à différentes époques.

Scénario et réalisation - Pierre Oscar Lévy
Direction artistique - Jean-Jacques Birgé
Musique - Jean-Jacques Birgé et Vincent Segal
Assistante - Sonia Cruchon
Conseil historique - Luis Belhaouari
Post-production - Snarx-Fx
Production déléguée - Dominique Playoust, Pixo Facto
Droits photo © ADAGT Localisation : Italie, Florence, Palazzo Pitti, Galleria d'Arte Moderna © Archives Alinari, Florence, dist. RMN / Georges Tatge CAL-Alinari Archives Florence © ADAGT, Paris 2010
Produit par Samsung Electronics France.
Exposé au Petit Palais en septembre-octobre 2010.

Ecrit par : jjb
Ce matin, j'ai retrouvé ces notes :

"Le miracle se reproduit chaque fois en la présence de Vincent. Tout coule de source, le son du violoncelle prend trente secondes à régler, aucune répétition n'est nécessaire, nous nous comprenons à demi-mot voire sans paroles, lorsque je suis au clavier je le sens lorgner sur mes mains pour être certain de rattraper les balles impossibles qu'il m'arrive de lui lancer ! Nous enchaînons la musique de cinq films avec une efficacité déconcertante. Vincent Segal passe d'un style à l'autre comme qui rigole et nous ne nous en privons pas. L'atmosphère détendue permet de nous concentrer tant sur les effets de sens que sur la musique proprement dite. La première prise est la bonne. Mis en confiance par son goût de la surprise et son agilité de funambule, je m'autorise d'imprévisibles expérimentations, je me découvre des talents que j'ignorais. Je crois n'avoir connu cette complicité de jeu qu'avec Francis Gorgé du temps d'Un Drame Musical Instantané.

Sur le Chirico je joue d'un ballon de baudruche en modulant les notes avec ma caisse de résonance buccale et ma guimbarde prend des intonations que je ne lui connaissais pas. Vincent pense que, n'ayant aucun complexe pour jouer quelque musique que ce soit, nous nous affranchissons de tous les préjugés musicaux dans la plus grande liberté. Il sait tout jouer, je crois ne rien savoir, ce qui revient au même lorsqu'il faut se jeter à l'eau. Dimanche après-midi nous improvisons sans effort, du pur plaisir !

(...)

Nous accumulons les petites formes nerveuses pour le Chirico qui n'est pas encore tourné, après avoir lu le découpage réalisé par Pierre Oscar, plus une dernière séquence dans un seul souffle pour la remontée de la montgolfière. Si j'utilise également le piano-jouet Michelsonne et la pomme-carillon pour donner l'aspect ludique et enfantin à La chanson d'amour - (nous nous étions trompés de titre !) - , je suis assez fou pour agripper le violon, encouragé par mon camarade !