Alimentaire, mon cher Watson
Loin de moi quelque criminelle idée, bien au contraire ! Un simple témoignage, au présent, le quotidien. Des questions que l’on n’ose pas poser, des confessions qui ne se font pas, des réalités que l’on préfère ignorer. L’envers du décor, la dure réalité des faits, l’avenir entrevu, les inquiétudes et les vicissitudes. Rien que du légitime ! Mais vers qui se tourner ? Et puis les rêves, toujours. Les perspectives, incontournables. Car d’où l’on vient, c’est su. Alors du trivial maintenant. Des intuitions pour plus tard, si proche, et des projets sur la comète.
Derrière l’écran
Le designer sonore travaille seul, chez lui ou dans son studio. Il ne peut supporter la pollution des bruits environnants. Pas question de partager un bureau avec qui que ce soit. S’il engage un assistant, il faudra lui trouver un espace personnel, une cellule comme ils l’appellent à la radio, où il pourra se concentrer. Les musiciens savent se préserver de leurs propres nuisances vis à vis du voisinage, c’est une question de survie. Pas question de déranger qui que ce soit sous peine d’être éjecté. Mais l’inverse est vrai. On ne peut pas attendre le passage entre deux métros, entre deux avions, pour faire sa prise ! Confort d’enregistrement, confort d’écoute. Internet et une liaison à haut débit permettent de travailler où l’on veut. J’envoie mes sons par mail ou sur un site ftp que j’ai ouvert pour cela. J’ai seulement besoin de rencontrer mes clients au début du projet, le reste se fait le plus souvent à travers l’hygiaphone. Quitte à nous revoir, autant que ce soit pour le plaisir lorsqu’on s’en fait des amis, ou parce que le projet le nécessite vraiment.
Socialement, il y a plusieurs statuts possibles. On peut être engagé par une société qui vous salarie mensuellement, ça a l’avantage d’offrir une sécurité de l’emploi, ça a l’inconvénient de vous renvoyer à un train-train rythmé par l’horodateur du patron. C’est un boulot comme un autre, pas de honte à cela. Autre solution : y a-t-il un statut moins enviable que celui d’artisan ? Pas de sécurité de l’emploi, autogestion en solitaire plutôt lourde, des charges considérables, on ne peut souvent faire autrement. C’est le cas des copains qui, développeurs, photographes ou graphistes, ne peuvent prétendre au statut d’intermittent du spectacle. Le musicien peut, pour l’instant, y prétendre, si la société ou l’association qui le salarie est autorisée à employer des intermittents. Ça se demande aux organismes compétents, en l’occurrence les Assedic. On pourra créer sa propre association qui gérera ses salariés de manière à leur permettre de toucher des allocations lorsqu’ils se retrouveront au chômage. Une association en loi de 1901 à but non lucratif signifie qu’elle ne fait pas de bénéfice, l’argent gagné est dépensé, en salaires ou en factures, factures qui pourront être assujetties à la TVA si l’on en fait la demande. En dessous d’un certain volume d’affaires, l’association ne paie pas d’impôts. Elle paie les salaires et les charges afférentes (Assedic, URSSAF, congés specatcles, etc., le tout regroupé actuellement en un guichet unique, Audiens), certaines charges sont mensuelles (Assedic), trimestrielles (les autres, y compris la TVA), et les rattrapages, annuels. Ce n’est pas très difficile de constituer une association, dépôt des statuts et déclaration au Journal Officiel.
Un spécialiste multimédia facture entre 150 et 1000 euros par jour. Cela dépend de la tâche et du type de client, de sa notoriété et de la nature du marché. L’offre et la demande. Un designer sonore, un directeur artistique ou un développeur senior facture actuellement son travail 600 euros par jour. Cela comprend son salaire charges comprises, la location du studio, les frais consommables (CDR, électricité, téléphone, etc.), et il faut en plus pouvoir renouveler son parc matériel régulièrement, du moins l’entretenir. Pour un designer sonore, le matériel ne se cantonne pas à l’informatique. Les instruments de musique, les appareils de traitement sonore…
Privé plus clair que public.Publicité, institutionnel, projets personnels..salaires, subventions, commandes, clients.