Il y a peu j'ai expliqué pourquoi je ne mettais plus les pieds dans telle salle de spectacle à cause des indélicatesses du boutiquier qui porte des jugements à l'emporte-pièces sur des artistes qu'il a programmés. Sans les préciser j'évoquai des mœurs que je réprouve, pensant simplement aux manières dont le patronat traite ses employés et certains de ses invités. Or l'inculte interpréta le mot "mœurs" pour quelque affabulation diffamatoire, alors que le Petit Robert les définit explicitement comme "habitudes". Les menaces et la réponse, celles-ci réellement diffamatoires, m'ont surpris. Aurais-je mis le doigt sur quelque chose dont j'ignore tout pour provoquer une telle réaction ? Ayant soutenu ce lieu pendant de nombreuses années, bien que connaissant les travers de la maison, no body's perfect, j'avais été blessé par l'incorrection lorsque ce fut mon tour d'en être la cible. Bien fait pour moi ! Je suis toujours étonné quand des organisateurs ou des journalistes sont pris d'une telle arrogance qu'ils en oublient qu'ils vivent des artistes et non le contraire. Flagrante marque de faille déontologique et de non-professionnalisme. Je me souviens avoir dit à l'un d'eux : "Si je bossais comme vous, vous n'auriez rien à écrire !". Malgré le marché du travail, il me semble fondamental de ne jamais se laisser intimider par les médiocres, artistes souvent frustrés, qui jouent de leur petit pouvoir pour combler le vide sidéral qui les habite. Heureusement la plupart des organisateurs sont des personnes courtoises et civilisées pour ne pas dire charmantes et dont les qualités d'accueil sont sincères. J'ai coutume de revendiquer de ne travailler qu'avec et pour des gentils. Il m'est arrivé de lever la main et d'exprimer qu'en l'état naissant du projet je ne voyais pas d'inconvénient à faire composer la musique par quelqu'un d'autre, et qu'ils n'avaient pas besoin de me payer, ce qu'ils ont toujours évité pour ne pas se sentir escrocs en plus. Je rentrais donc à la maison en annonçant qu'on mangerait des pommes de terre ! Les rapports de travail sont comme ceux de voisinage, en vieillissant on évite les conflits autant que possible. Mais ce n'est pas une raison pour se taire lorsque l'on est témoin ou victime d'exploitation ou d'indélicatesse. La lâcheté et la soumission ne m'ont jamais paru acceptables pour autant. On ne vit qu'une fois.
Je termine en écoutant Courbez-vous d'Eddy Bitoire qui prenait toujours la mesure des choses et des évènements :
https://soundcloud.com/eddybitoire/courbez-vous . À ce propos, si vous aimez les chansons nâvrantes et corrosives, commandez le filet vert fluo Bitoire avec le livre, les 2 CD et une bière !