La machine à rêves, en marge de l'exposition Léonard de Vinci


Combien de fois avons-nous dû remettre l'ouvrage sur le métier pour accoucher de 40 secondes qui plaisent à tout le monde, entendre, pour commencer, l'équipe de création et nos interlocuteurs à la Cité des Sciences ? Sonia Cruchon a réalisé le petit film à partir d'images et de sons qui étaient en train de se construire. Si rien n'existait encore, il a depuis donné corps à nos rêves. Nicolas Clauss a rajouté de la couleur. De mon côté, la musique que j'ai composée pour cette bande-annonce m'a fourni l'idée de la troisième et dernière partie. J'ai jeté tout ce que j'avais préparé et j'ai recommencé à écrire. La renaissance a trouvé sons sens dans la perpétuité. L'arbalète plongée dans les ressorts virtuels du H3000 s'est mise à vibrer de toutes ses cordes. Histoire de théâtraliser notre histoire j'ai dressé le décor derrière le violoncelle de Vincent Segal avec les entrailles de la terre en faisant sonner le tocsin.


La machine à rêves de Leonardo da Vinci prend tournure. Ses couvercles en métal qui glissent dans un vacarme de grincements l'ont protégée des assauts du temps. Les rêves anciens sentent le roussi, on les fait tomber dans la fente mystérieuse de l'iPad. Je tiens la boîte à deux mains, l'incline, caresse l'écran pour vérifier que l'instrument interactif fonctionne comme imaginé. Le mixage du quatuor à cordes accompagne ou suscite les quatre écrans qui se transforment sans cesse. Je suis impatient de traverser le hublot pour voir le passage en multitouch, sentir les nouvelles images bouger sous mes doigts...


L'œuvre sur iPad a été produite par la Direction des éditions et du transmédia, indépendamment, mais en accord avec la très belle exposition Léonard de Vinci, projets, dessins, machines qui [venait] de s'ouvrir à la Cité des Sciences et de l'Industrie. Les machines imaginées par le génial touche-à-tout ont été construites fidèles à ses dessins. Comme notre machine à rêves, mais cette fois avec un propos ludo-pédagogique, des bornes interactives projettent les visions Léonard de Vinci dans notre siècle.

Depuis cet article du 29 octobre 2012, la Machine à rêves ne fonctionne plus très bien. Le premier tableau est aveugle et, sans le connaître, il est difficile d'aller plus loin. Ce sont les aléas de l'informatique, avec ses nouveaux systèmes qui nécessitent de reprogrammer sans cesse les anciennes applications. Je suis obligé de conserver des ordinateurs et des tablettes de toutes les époques. Il n'exsite aucun crédit, aucune subvention pour redonner vie aux centaines de CD-Roms formidables ou aux sites Internet qui fonctionnaient sous Flash. Quelle misère !