Bagnolet conquise


Depuis 50 ans que je vote j'ai rarement vu le candidat que je soutenais gagner une élection. C'est peut-être même la première fois. Je figurais en queue de la liste menée par Edouard Denouel à Bagnolet et je me suis particulièrement investi dans la campagne qu'il a menée, soutenu par LFI, EELV, Assemblée de Quartiers, PRG, PEPS, Écolos Solidaires et Bagnolet en Commun. La semaine dernière étaient venus à la rescousse Marine Tondelier, Assa Traoré, Bally Bagayoko (le nouveau maire de Saint-Denis) et Mohamed Gnabaly (l'un des vice-présidents de l’Association des maires de France). Il fallait absolument déboulonner le maire sortant PS Tony Di Martino dont la gestion de la ville était calamiteuse avec ses deux mandats successifs. De son côté il avait fait alliance avec le PCF moribond, l'horrible Raquel Garrido et Pierre Vionnet dont le retournement de veste me levait le cœur. Pour sa liste dite citoyenne qui accueillait toutes sortes de personnes dont des racistes patentés (ou très tentés puisqu'il n'y avait aucune liste de droite à Bagnolet) Di Martino lui avait offert 18 sièges (au lieu des 9 que la loi lui octroyait ou des 11 proposés par Denouel) et de lui laisser la ville à mi-mandat ! Vionnet serait devenu maire dans trois ans avec 15% des voix. J'aurais accepté de perdre une fois de plus les élections, mais j'ai toujours eu la trahison en travers de la gorge, car Vionnet avait fait toute sa campagne contre celui qu'il appelait Don Martino. Il est certain que le nouveau maire va avoir du pain sur la planche pour assainir la ville tombée de Charybde en Scylla. Nous aurons aussi à nous coltiner ceux qui soutenaient Di Martino, en particulier le maire PCF de Montreuil Patrice Bessac qui est président d'Est Ensemble et le député Alexis Corbière dont la qualité première est l'absence, mais nous espérons bien redonner des couleurs à la ville en reprenant tout ce que l'ancien maire a négligé. La presse présente la victoire d'Edouard Denouel comme écologiste, c'est vrai même s'il vient de LFI ! L'écologie n'est viable que dans une perspective révolutionnaire. Aïe, le terme fait peur, or je n'imagine pas que nous sortions du marasme politique et social sans une refonte totale du système qui nous oppresse et nous formate. La liesse hier soir à la Mairie de Bagnolet faisait chaud au cœur.