Vitet en couve de Vern et Christin


Il existe d'incroyables coïncidences. Encore faut-il avoir l'œil ! Comme nous nous promenions à La Roche-Ballue où avait lieu un sympathique vide-grenier appelé là "chineries", Nicolas Chedmail tombe sur une bande dessinée de Christin et Vern intitulée en douce, le bonheur. La couverture montre un musicien soufflant dans un shalmaï, image directement empruntée à la pochette du disque Mehr Licht ! de Bernard Vitet, photographie qu'il avait lui-même triturée à la photocopieuse d'après un cliché de Francis Marmande. Cela ne fait aucun doute, d'autant que Bernard m'a plusieurs fois parlé d'un copain dessinateur de bédé qui s'appelait Jean Vern et que je ne crois pas avoir jamais rencontré. Or mardi dernier, anniversaire de la naissance de mon camarade, je publiais un article illustré par la photo originale !


Nicolas m'en ayant fait cadeau, je découvre la bédé, publiée chez Dargaud en liaison avec le journal Pilote en 1978, de Pierre Christin (Valérian ; Rumeurs sur le Rouergue avec Tardi, La ville qui n'existait pas avec Bilal, etc.) et Vern (également saxophoniste d'un quintet de free jazz, où officie, entre autres, le saxophoniste-flûtiste allemand Ronnie Beer, avec une préface de Patrice Blanc-Francard ("Bonjour c'est Pop 2 !"). Si les dessins sont carrément pop, voire psychédéliques, il n'y a pas beaucoup de bandes dessinées où sont cités Cecil Taylor, Gary Burton, Gil Evans et McCoy Tyner. Les titres des histoires réfléchissent bien les années 70 : Underground, Overdose, Trip, Rétro Blues, Carnets d'un anthropologue frappé de folie. Une époque fleurie, concentré d'utopie dont la musique est le vecteur.