J'ai découvert l'accordéon au début des années 80 grâce à Michèle Buirette, en commençant par le free jazz ! Comme souvent dans ma démarche à rebrousse-poil j'ai remonté le temps jusqu'au musette et aux musiques du monde pour revenir à demain. Il ne suffit pas d'être un bon instrumentiste pour me plaire, il faut avoir un monde. Je dis avoir, mais le verbe être est probablement plus approprié. C'est pour cette raison que la musique des compositeurs, qui inclut celle des arrangeurs avec un point de vue personnel, fait partie de mon paysage. Là aussi j'écris paysage quand je devrais dire pays. Entendre que l'architecture tient une place prépondérante dans mon approche.
Avec le duo de l'accordéoniste Didier Ithursarry et du saxophoniste Christophe Monniot (à l'alto et au sopranino), me voilà comblé ! Ajoutez un lyrisme affirmé, un alliage de timbres épicé, un tissage qui dépasse même l'impression de duo. À propos de leur premier volume en 2018, j'avais au contraire écrit qu'Ils sonnaient comme un seul et unique instrument. Faudrait savoir ! C'est donc leur troisième volume d'Hymnes à l'amour, et cet amour est avant tout celui de la musique, et donc du partage qu'elle représente. Quelles que soient leurs passions (leurs propres compositions) et leurs références (Charles Mingus, Ornette Coleman et Pat Metheny, Hermeto Pascoal, Gabriel Fauré) ils les font leurs, inventant un nouveau terroir qui nous pousse à la danse et nous emporte sur les routes de la Carte du Tendre.
→ Christophe Monniot & Didier Ithursarry, Hymnes à l'amour III, CD Emouvance-Absilone, dist. Socadisc, à paraître le 19 juin 2026
→ Vincent Lê Quang & Claude Tchamitchian, Silent Springs, CD Emouvance-Absilone, dist. Socadisc, à paraître le 19 juin 2026 (cet autre très beau duo, sax et contrebasse, avait fait le voyage postal dans la même enveloppe, mais, même si je n'ai pas les mots, j'ai eu du plaisir à les suivre dans leurs verdoyants jardins)