Mes vinyles

Hier je répondais à Cyril Lacaud en commentaire à des admirateurs de mon premier disque, Défense de (lien externe) par Birgé Gorgé Shiroc, vinyle de 1975 marquant la fondation du label GRRR et devenu culte grâce à la Nurse With Wound List. Avant Toute (lien externe), cosigné avec Francis Gorgé, inédit publié il y a déjà dix ans par Souffle Continu, ne contient pas d'inédits des sessions de Défense de (ceux-là figurent parmi les 6h30 publiés sur un DVD vendu avec les rééditions CD de Mio Records ou LP de Wah-Wah, accompagné de mon premier film, La nuit du phoque). C'est ce qui l'a précédé, une sélection parmi les nombreux enregistrements offerts en dématérialisé sur le site drame.org (lien externe).

S'il y a d'autres amateurs, il nous reste des vinyles originaux d'Un Drame Musical Instantané, d'une époque où l'on passait une demi-journée avec le graveur et où l'on allait à l'imprimerie pour la mise en machine ! C'est dire ma réserve sur les pressages actuels qui partent presque tous d'un enregistrement numérique et sont réalisés à la chaîne. On peut encore faire la différence, même s'il y a des usines qui travaillent correctement. Lorsque les galettes étaient livrées, le son était meilleur que celui de la bande magnétique.

Mais tout cela n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est la musique. Tous les supports ont leurs avantages, et rien ne remplace non plus l'émotion du concert en direct, particulièrement pour des improvisateurs qui détestent refaire deux fois le même tour ! J'écris cela, mais je n'ai jamais eu autant de plaisir qu'en fabriquant un disque, considéré comme une œuvre en soi, le soin apporté à la pochette, etc. En 1975, lorsque j'ai sorti Défense de et fondé le label GRRR, je l'ai fait en connaissance de cause. J'avais compris que la route serait longue et qu'il fallait laisser des traces de ce que nous inventions. Ce ne serait jamais le passé, mais la garantie de l'avenir.

J'ai reproduit (en haut) la photo de Franky Fockers qui semble posséder presque tous les vinyles originaux du Drame. Il faudrait y ajouter quelques uns plus récents auxquels je tiens beaucoup, comme La preuve (lien externe) par Poudingue et Fictions (lien externe) avec Lionel Martin, ou d'autres, historiques, comme Défense de évidemment, ou Très toxique (lien externe) pour le Drame (même morceau que sur Toxic Rice (lien externe)), sans compter des compilations où figurent d'autres inédits (18 surprises pour Noël maculé par ma main « ensanglantée », trois Dry Lungs, deux portugais, un Allumés du Jazz assez récent, un 45 tours (lien externe) de mes balbutiements, In Fractured Silence (lien externe)...). Je n'évoque là que les vinyles, la majeure partie de mes productions depuis 1988 est en CD ou sur Internet. Pour un artiste, c'est tout de même le dernier paru le plus important !