Séduisante Hội An (4)

L'eau de la piscine est plus chaude que l'air ! Sa température monte à 34° alors qu'il est plus de 22 heures lorsque nous nous y trempons. Cela fait tout de même du bien, même si partout pullulent ventilateurs et air conditionné. La météo est beaucoup plus sympathique que prévu. Il n'y a qu'à Hô Chi Minh-Ville que nous avons rencontré de grosses averses en fin de journée. La mousson n'est donc pas si terrible que je le craignais ! Le ciel est bleu avec de temps en temps quelques gros moutons blancs. Mais à Hội An l'air nous paraît plus suffocant qu'ailleurs. Certainement une question d'humidité. Rejoindre la plage d'An Bang à vélo est particulièrement éprouvant, d'autant que l'un des deux destriers n'a pas de freins ! Sable brûlant, sans vagues, la mer de Chine méridionale nous enchante moins que la piscine. Pourtant, rien ne remplace l'horizon. Mais lorsqu'on crame littéralement sous le soleil, la durée des moments de transition est capitale, comme on dit de la peine.

Classée au Patrimoine mondial de l'Unesco, la vieille ville est magnifique. Il est rare que soient préservés des édifices du XVIIIe siècle, mélange d'origines chinoise, japonaise et vietnamienne. Jérôme Lefdup me signale que Hội An (lien externe) fut la seule ville à ne pas avoir subi de bombardements par les Américains. Partout ailleurs, ils n'y sont pas allés de main morte, allant jusqu'à tout raser avec leurs B52, le napalm et l'agent orange qui laissera des traces morbides sur les personnes jusqu'à trois générations.

Pour honorer le billet de cinq visites pris dans une petite guérite, nous suivons les conseils du Lonely Planet en choisissant le temple bouddhiste Phap Bao (lien externe), la maison Phung Hung (lien externe) et la maison Tan Ky (lien externe) où vivent toujours les familles d'anciens marchands... Sur le pont couvert japonais Chùa Cầu (lien externe) qui date du XVIIe siècle, nous comprenons que la saison touristique est au plus bas. Lors de notre voyage nous croiserons très peu d'occidentaux, les visiteurs étant essentiellement vietnamiens ou chinois.

Les maisons familiales et les temples sont dispersés parmi les échopes où l'on vend essentiellement des vêtements et étoffes. Hội An est réputée pour ses tailleurs qui travaillent sur mesures en une journée. Il suffit d'apporter un modèle et ils le copient aussitôt.

À la maison commune de la congrégation chinoise du Foujian (lien externe), je fais le zouave devant le représentant de mon signe astrologique. Comme en Chine, certains couples attendent jusqu'à onze ans pour avoir un enfant né l'année du dragon !

Christiane et moi craquons pour robes ou chemises en soie cousues sur-mesure. Il est simplement nécessaire de repasser le lendemain pour un essayage avant d'éventuelles retouches.

J'avais prévu d'acquérir un sac supplémentaire qui ne sera pas de trop, d'autant que nous passons à la pharmacie pour acquérir du Baume du Tigre (sa composition est différente d'en France, plus puissante, en particulier à cause du camphre dont le pourcentage est limité), du rouge qui chauffe et du blanc qui rafraîchit, également du baume Étoile d'or dit Cao Sao Vàng, typique du pays, de l'huile de cajeput et une petite fiole que m'a commandée Amandine, bon pour le rhume et la gorge.

Il paraît que la cannelle de Quảng Nam ou Trà My est plus beaucoup plus parfumée que toutes les autres. Nous nous mettons donc en chasse des bâtons et le soir, sur le fleuve Thu Bon, nous regardons passer les bateaux éclairés par des dizaines de lampions, autre spécialité de la ville.

MP3 - 2 Mo

À la campagne, des camionnettes passent en diffusant des annonces pour ce qu'elles vendent. Des messages (de la ville ?) sortent dont on ne sait où. J'aime cet effet d'écho qui se mêle aux bruits ambiants et aux oiseaux...