Annette Messager au Musée de la Chasse et de la Nature

L'exposition (lien externe)Une hirondelle ne fait pas le printemps (lien externe) d'Annette Messager au Musée de la Chasse et de la Nature s'arrête le 20 septembre. Ce serait vraiment dommage de la rater. Allez-y avec des enfants si vous en avez. De toute manière, c'est un des plus attrayants musées de la capitale. Les œuvres de la plasticienne y sont comme coq en pâte. Elle ne se prive d'ailleurs pas de jouer avec les mots. Un ours blanc tient la pancarte "Ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". La tête d'un sanglier marmonne des mots incompréhensibles, mais il est probablement là tout le temps...

Plus de 80 œuvres sont déployées dans une quinzaine de salles, au fil d'un parcours thématique aux titres évocateurs : Théâtre de la cruauté, Capture et captivité, Enfance de l'art, Sang des bêtes, Sauvagerie domestiquée, Langage des oiseaux, Possible vengeance, Transports amoureux, Bestiaire sentimental...) où installations majeures, œuvres emblématiques et pièces inédites dialoguent avec les collections du musée.

Le Musée de la Chasse et de la  Nature est un écrin idéal pour Annette Messager (lien externe). L'ambiguïté y est partout présente, entre tendresse et cruauté. Ses peluches martyrisées, ses assemblages contre nature, ses amulettes de sorcière, son va-et-vient entre le réel et l'imaginaire poussent au rêve ou à la réflexion.

Chacun, chacune, selon son âge et sa personnalité s'y projette et fait remonter les images de l'enfance. Le jeu habite déjà ce musée impertinent. Un gardien me montre une petite souris peinte au pied d'un rideau. Des chardons sont disposés sur les chaises plutôt que d'y apposer un écriteau d'interdiction de s'y asseoir.

Annette Messager expose de beaux dessins, des aquarelles où la féminité se revendique avec intelligence. Elle se moque des stéréotypes tout en jouant avec les apanages de la psychanalyse. Ses animaux empaillés, absurdes et phantasmagoriques, renvoient ceux du musée à l'invraisemblable bestiaire du monde. Le dialogue entre ses œuvres, le musée et notre propre vision produit autant d'interrogations sur l'art qu'il existe d'énigmes dans la vie.