Les statues et les portraits de l'Oncle Hô (lien externe) me rappellent ma jeunesse. Ma dernière manif dure, contre Nixon en 1973, j'ai couru 16 km sans m'arrêter avec les matraques des CRS s'abattant autour de moi. Je les sentais me frôler sans me toucher. J'avais très peur. Totalement exténué, je m'étais réfugié dans une chambre de bonne sur le boulevard, avec tant d'autres manifestants qu'elle ressemblait à la cabine des Marx Brothers. Je m'enquis de savoir si quelqu'un avait aperçu la copine qui m'accompagnait alors que cela faisait un quart d'heure qu'elle était assise à côté de moi. Je crois me souvenir qu'elle s'appelait Danièle Abittan. Il y a des souvenirs qui remontent comme cela sans que l'on sache pourquoi. Les flics avaient forcé la porte cochère et étaient grimpés dans les étages. Personne n'osait respirer. On les entendait dans la cage d'escalier.
Combien de fois ai-je crié en chœur "Hô Hô Hô Chì Minh" ?