Ce n'est pas un hasard si j'avais choisi le nord du Viêt Nam lors de mon premier voyage. De mon point de vue, le sud n'a ni son charme, ni sa cuisine. Nous voilà donc arrivés tout en haut géographique de notre périple, sans que cela en soit pour autant la fin.
Puisqu'il est question de faim, je me régale enfin. Depuis le début du voyage, jamais la nourriture n'a été si variée et succulente. J'ignore souvent ce que je commande, mais les surprises sont nombreuses et les parfums délicieux, que ce soit dans les restaurants, ou pour ce qu'on appelle la street food, la cuisine de rue, celle que je préfère, aussi fraîche qu'authentique. Il faut parfois y mettre les doigts, comme ces crêpes bánh xèo qu'il faut rouler avec toutes sortes d'herbes aromatiques dans des feuilles de riz que l'on appelle ici papier de riz. Dans ce restaurant on vous donne une serviette humide, mais en général rien ne vaut le lavabo au fond de la salle pour se laver les mains.
Une des spécialités de Hanoï sont les escargots servis exclusivement dans des restaurants qui leur sont dédiés. Ils ressemblent à de gros bigorneaux et c'est évidemment la sauce dans laquelle on les trempe qui fait toute la différence. J'essaie différentes combinaisons, toutes aussi délicieuses.
La gastronomie nord-vietnamienne inclut également de nombreux desserts. Comme le sucre est omniprésent, nous demandons sans cesse "no sugar" lorsque nous commandons un jus, un smoothie ou un café. Mais je ne sais pas résister devant une glace aux saveurs exotiques.
Droits réservés : Hanoï (12)
Comme nous l'avons fait à Hội An (lien externe) pour les vêtements, nous commençons par commander des lunettes pour un prix défiant toute concurrence hexagonale et réalisées en moins d'une heure. En réalité, nous repasserons demain matin, car nous continuons notre promenade autour du lac Hoan Kiem (lien externe), sans oublier de réserver des billets au théâtre Than Long pour le spectacle de marionnettes sur l'eau lorsque nous reviendrons à Hanoï. Après avoir emprunté le pont rouge jusqu'au temple Ngo Son situé au milieu du lac, nous descendons déguster une glace chez Kem Tràng Tiền (lien externe), une institution locale comme Berthillon à Paris, et retour au beau loft en duplex du quartier français.
Le lendemain matin, nous visitons le magnifique Temple de la Littérature (lien externe) après être grimpés à l'arrière d'un scooter Grab. Ce sont les seuls autorisés à se faufiler le dimanche dans les rues de la vieille ville où les magasins occupent les rues en fonction de leur spécialité, comme c'était la coutume en Europe au Moyen-Âge. Pour comparer, c'est formidable quand on tombe dessus, moins pratique lorsqu'on ne trouve pas la bonne rue !
À l'entrée du temple, je photographie une bande de mômes qui arborent le drapeau national sur leur T-shirt. J'en rapporte un pour Eliott et Jil. Leurs accompagnatrices portent la robe traditionnelle, l'áo dài (lien externe) que j'aurai tant de mal à trouver pour ma petite fille qui vient d'avoir deux ans. Les horaires d'ouverture sont parfois fantaisistes. On trouvera finalement notre bonheur chez le chic Áo Dài Quyên Nguyễn, 7A Phố Huế, où les vendeuses sont adorables, et patientes !
Les bouddhistes s'inclinent les mains jointes devant les autels avant de les frapper deux fois. Ce geste marque le début de la prière, signale sa présence au monde invisible, évoquant la dualité du pratiquant et du monde spirituel. Certain/e/s restent debout, d'autres s'agenouillent. Au Viêt Nam, le communisme s'accommode très bien de la religion (même si le bouddhisme est, à mon avis, plutôt une philosophie, mais tout rituel l'y assimile), comme il compose parfaitement avec le capitalisme. Contrairement à la Thaïlande hyper fliquée, nous ne verrons que extrêmement peu de policiers pendant notre séjour. On se sent en sécurité partout où nous allons. Le régime autoritaire a éradiqué le chômage et tous les Vietnamiens rencontrés sont fiers de leur pays. Il semble n'y avoir aucun ressentiment contre le colonialisme français ou l'impérialisme américain, mais on sent une crainte de la Chine et du Cambodge qu'elle soutient.
Dans le jardin du temple, je fais le zouave en enfourchant un petit cheval ou en posant sur un trône...
Ce n'est ni un sceptre ni un microphone que je tiens à la main, mais mon indispensable ventilateur. Dress code. Le chapeau est celui des pêcheurs cambodgiens du lac Tonlé Sap (lien externe) qui me protège depuis quinze ans. Les sandales et le pantalon viennent de Saïgon, la chemise de Hanoï. Ma montre connectée affiche la température de l'air et celle de l'eau lorsque nous nous baignons.
Il y a trente ans, nous devions traverser la ville en pousse-pousse. Aujourd'hui, ce n'est plus qu'une attraction touristique. Les scooters n'existaient pratiquement pas.
Il fait tellement chaud que nous restons à l'abri de midi à 18h : température ressentie, 48 °C. En comparaison avec un pays sec, l'humidité rend ce climat difficilement supportable.
Hanoï est une vie immense, mais beaucoup plus agréable que Hô Chi Minh-Ville. Chaque quartier a son charme. Ma compagne craque pour un collier de perles d'eau douce, des perles baroques en boucles d'oreilles, et un grand éventail. Je rapporte quelques sifflets à coulisse en métal, mais nous avons prévu de faire d'autres emplettes lorsque nous reviendrons d'Along, et plus tard, à Bangkok. À cet effet j'ai acheté un sac supplémentaire pouvant voyager en cabine, nos deux sacs à dos étant bien remplis.
Dans le fond on aperçoit le pont Long Biên, (lien externe) au style Eiffel, qui permet de traverser le fleuve rouge.