Ninh Bình, la baie de Hạ Long terrestre (14)

On peut imaginer que Ninh Bình (lien externe) ressemblait à Hạ Long (lien externe) il y a quelques centaines de milliers d'années, et que le niveau de l'eau a baissé. Les pitons karstiques, composés de sédiments comme des coquillages, confèrent au paysage une fabuleuse poésie où chaque petite montagne semble pousser comme un gros champignon, façonnée par le temps et recouverte d'une végétation dense et impénétrable.

L'eau a creusé des milliers de grottes dont certaines sont gigantesques, des sculptures d'un autre moule où nous pénétrons à pied, à la nage, ou, comme ici, sur des petites barques propulsées à la rame. À Tam Cốc (lien externe), sur la rivière Ngô Đồng, les batelières les font avancer avec une seule rame et leurs pieds, tandis qu'à Tràng An (lien externe), de manière plus classique, elles rament, avec vigueur. Lorsque nous remontons le courant du fleuve Sào Khê, il est sympathique de lui donner un coup de main avec une pagaie. Nous avons choisi le circuit numéro trois qui passe par trois temples, trois grottes et dure trois heures.

Pour ma part je tiens le parapluie qui nous sert d'ombrelle et je m'aplatis lorsque les voûtes des grottes sont particulièrement basses. J'ai employé plusieurs fois le mot magique devant le spectacle unique auquel nous avons la chance d'assister avec une affluence très restreinte. Des centaines d'embarcations attendent soit le week-end, soit une saison plus clémente.

J'évoque sans cesse la chaleur, qui représentera notre préoccupation majeure tout au long de notre voyage, puisque nous évitons miraculeusement la pluie. Les jours précédant notre passage à Huê (lien externe) ou Ninh Binh, les rues furent transformées en torrents.

Les tortues symbolisent la stabilité et la protection, portant le monde sur leur dos, et incarnant la longévité et la patience...

Les images sont souvent plus impressionnantes que les mots. Dans les temples, notre culture est limitée. Nous nous déchaussons, nous regardons, nous écoutons. J'ai cru reconnaître un drone musical, pédale sostenuto, mais c'était le moteur d'un gros ventilateur. Très réussi, à réfléchir ! Christiane laisse quelques dongs en obole. Le soir nous relisons les explications des guides sur les lieux visités.

Le cheval rouge est un porte-bonheur. Certaines congrégations passent sous son ventre, geste de foi destiné à balayer les ombres du passé et à accueillir une nouvelle année de chance et de prospérité.

Contrairement à la plupart des touristes qui circulent à vélo ou en scooter, nous avons loué deux bicyclettes électriques pour arpenter la campagne environnante, rizières encerclées par les pics karstiques. Le matin les oiseaux nous enchantent, le soir c'est au tour des insectes. J'enregistre... Même un orage, mais, heureusement, chaque fois que la mousson s'est signalée, nous étions à l'abri.

Un drôle de bâtiment est érigé sur la berge, un pont couvert traditionnel en pierre à toit de chaume. J'imagine que c'est purement ornemental...

Lorsque nous nous sentons fatigués, nous cédons à la douceur d'un massage des pieds ou de tout le corps. Je n'avais jamais pensé avoir recours avec autant de plaisir aux soins de pédicure. Il est pourtant de plus en plus difficile de se pencher jusqu'à ses orteils. Nous comparons tant les techniques que l'accueil des innombrables salons de massage qui pullulent absolument partout, jusqu'au moindre village.

Il reste quelques nénuphars qui s'ouvrent quand vient le jour, mais c'est la fin de la saison.

À Tam Cốc, nous admirons les bracelets de jade (lien externe). Je préfère nettement la qualité B, ses impuretés, de plus, beaucoup moins chère. J'ai toujours aimé ce qui est irrégulier, bancal, asymétrique. Un peu comme l'incroyable paysage qui nous entoure.

Je me demandais quel est ce fruit qui pend dans tous les jardins avant de comprendre que ce sont des pamplemousses. Un autre agrume me plaît beaucoup, il s'agit de kumquats frais dont on se sert dans les soupes comme d'un citron. Ils sont verts avec la pulpe orange.