Bangkok et c'est fini (17)

L'arrivée à Bangkok tourne au cauchemar. Le vol Vietjet avait déjà une heure de retard. À Suvarnabhumi, après une heure et demie de queue au contrôle des passeports, la douanière nous renvoie parce que nous n'avons pas rempli le formulaire TDAC (lien externe) (instauré depuis mars 2025). Nous aurions pu nous douter que c'était comme pour l'entrée au Vietnam, un document long comme le bras à remplir dans les trois jours qui précèdent l'entrée au pays, mais personne ne nous a prévenus. Et personne pour nous aider à trouver le guichet où nous exécuter. On nous trimbale, très désagréablement, pas un préposé pour racheter l'autre, jusqu'à trouver les bornes où remplir des tonnes d'informations. Ceci fait, nous apposons nos empreintes des dix doigts et nous évitons de sourire devant l'objectif. Évidemment le chauffeur que nous avions réservé ne nous a pas attendus. Cela nous mène à l'heure de pointe, une heure et demie d'embouteillage pour rejoindre notre hôtel. Nous y arrivons à la nuit au lieu du début d'après-midi.

Le temps de prendre une douche et nous allons dîner en zigzaguant dans des ruelles incroyables où se serrent des maisons minuscules, le long de petits canaux, les khlongs (lien externe).

Le lendemain matin, nous allons acheter des bols en cuivre à la communauté artisanale de Ban Bat (lien externe) dont c'est la spécialité. Ce ne sont pas des souvenirs pour touristes, mais des objets de culte réalisés pour les moines. Ils ont un aspect brut absolument magnifique. Dans la "boutique" est couché un cochon malade. Chaque petite bicoque abrite une des étapes de la fabrication. Le cochon n'y est pour rien.

Autre quartier, autre style. La visite de la maison de Jim Thompson (lien externe), musée situé dans le quartier moderne de Pathum Wan, est somptueuse et passionnante, mais les prix des étoffes s'envolent dans des sphères trop élevées pour nos petites jambes. Heureusement, nous croisons un charmant habitant du quartier qui nous indique à deux pas les soldes d'un magasin du gouvernement où nous dégotons quelques babioles. Il nous explique qu'aucun Thaïlandais n'achète quoi que ce soit chez Jim Thompson, destiné aux touristes friqués, mais que le bâtiment LG est ouvert à tous.

Sur la Silom Line du métro aérien nous sommes à trois stations du Parc Lumphini (lien externe) où nous pourrons admirer les varans (lien externe) qui y sont restés. La plupart, considérés comme nuisibles, ont récemment été envoyés dans la province voisine de Ratchaburi (lien externe).

Nous passons l'après-midi à Chinatown à chercher en vain des pantalons cargo, mais j'aime bien l'ambiance du Sampeg Market qui me rappelle ma dernière visite. C'est assez étrange, mais l'autre marché aux vêtements de Bangkok ferme à 16h. Zut, je fais chou blanc. J'achète néanmoins de justesse une sorte de short baggie à plein de poches pour pouvoir enfin jeter celui trouvé ici il y a quinze ans et que je traîne depuis.

Le lendemain nous prenons le bateau sur le fleuve Chao Phraya (lien externe) jusqu'au Wat Arun (lien externe), le temple de l'aube. Absolument superbe, mais on ne peut plus le gravir comme jadis. J'achète quelques babioles à rapporter en souvenirs pour les enfants et un joli carillon au tintement très aigu qui rejoindra l'orchestre du jardin.

C'est décidément la mode de se déguiser et de faire des photos dans les lieux historiques. Les costumes sont évidemment très différents de ceux du Viêt Nam (lien externe).

Le ferry qui traverse le fleuve nous emmène jusqu'à un autre temple extraordinaire, le Wat Pho (lien externe) où repose le Bouddha couché (lien externe).

Je prends évidemment beaucoup plus de photos que je n'en publie.

En attendant de nous faire masser à l'École de massage du Wat Pho (lien externe), je regarde un chat blanc qui me rappelle les nôtres et que nous sommes impatients de retrouver. Cinq semaines, c'est long. La tendre Lola nous a remplacés auprès d'Adele, Oulala est en manque de caresses, mais Django nous fera la gueule pendant plusieurs semaines.

C'est la fin des vacances. J'ai un peu de mal à terminer ce récit de voyage. En fait, nous en avons un peu marre, l'envie de rentrer se fait sentir. Les Thaïlandais ne sont pas aussi gentils que les Vietnamiens. On sent chez les premiers une politesse de façade, alors que les seconds sont beaucoup plus sincères, plus drôles aussi. Oui, je sais, ce sont des généralités, comme de trouver les touristes français et hollandais beaucoup plus discrets que les Italiens ou les Espagnols. Je dois aussi avouer que j'ai une antipathie profonde pour les Israéliens et les Américains croisés sur notre route, particulièrement vulgaires. C'est bien que j'écrive sur autre chose que nos aventures asiatiques. Au moins, lorsque je chronique des films, des disques ou des expositions, je choisis ce que j'aime et je tais ce qui me déplaît. En tout cas, ce fut un voyage extraordinaire qui nous aura donné l'envie de nous remettre au travail... Avant de repartir... Sont déjà programmés Saint-Malo, Venise et le Japon. Le travail pourrait même m'emporter encore plus loin ! En attendant je rêve...