Il y a une vingtaine d'années, tandis que nous buvions un verre sur la plage de La Ciotat, j'expliquais à Giraï que j'avais longtemps été le plus jeune de la bande et que je m'étais un jour retrouvé l'aîné. Cela ne changeait pas forcément grand-chose, car j'avais toujours été le plus sage, un peu donneur de leçons tout de même, à tel point que les musiciens de notre grand orchestre m'appelaient Papa Jean-Jacques, alors que je n'avais pas 30 ans. Comme il en avait dépassé 90, j'osai lui demander ce qu'il trouvait de plus beau dans la vie. Giraï prit un petit temps pour réfléchir et me faire une réponse honnête. Il finit par avouer que c'était la jeunesse, mais qu'il regrettait, avec quelques sous-entendus, de n'avoir pas su dans ses jeunes années ce qu'il avait acquis depuis. Comme je suggérais qu'il aurait été une bombe, il fronça les sourcils et me corrigea avec une petite voix malicieuse : "Pas du tout... Tout en délicatesse !"
"Tout en délicatesse" peut être apposé aujourd'hui à de plus en plus de musiques inventives. C'est une fois de plus le cas avec une des dernières productions du label hongrois BMC, le CD Tall, Infinite, Microscopic (lien externe) du trio T.I.M. (lien externe) composé du pianiste et compositeur Sébastien Palis et de deux jeunes musiciennes norvégiennes, la chanteuse Karoline Wallace (lien externe) qui se sert parfois d'enregistrements préalables ou de sons électroniques, et la violoniste Inger Hannisdal (lien externe).
