Fabiana Striffler « matche » avec Karsten Hochapfel

Le duo formé par la violoniste Fabiana Striffler (lien externe) et le violoncelliste Karsten Hochapfel (lien externe) sonne comme un mini-quatuor, espace qu'il occupe totalement et remarquablement. Après un premier disque sous le nom de La plume du dimanche, ils ont intitulé leur nouvel album Match. Il n'y est pourtant pas question de compétition au sens français, mais plutôt de correspondance ou d'accord au sens anglo-saxon, tant leur musique est pleine et sereine. J'écris sereine, mais la plupart des pièces sonnent comme des danses, comme si la musique contemporaine avait contourné le dodécaphonisme et le sérialisme qui l'ont fait négliger ses racines populaires qui avaient jusque-là alimenté toute la musique savante. Ce courant que l'on pourrait assimiler à un nouveau néo-clacissisme, influencé par la musique européenne classique et par le minimalisme américain, fait aujourd'hui partie du jazz, depuis qu'il s'est affranchi du swing et du free afro-américains. Il en a retenu le recours à l'improvisation, qui n'est surtout pas un genre, mais une manière de réduire le temps entre la composition et l'interprétation. Ici, on y voit que du feu. Il est impossible de déceler ce qui fut enregistré en studio ou en concert. Match est un disque délicieux, enjoué et romantique, rythmique et mélodique, dressant un pont entre les compositions classiques de l'Est et la liberté instillée par l'Ouest. Comme si le mur de Berlin n'avait jamais existé et que les énergies avaient continué à se fondre, à « matcher », un terme d'origine canadienne qui exprime bien que l'on s'entend à merveille.

→ Fabiana Striffler & Karsten Hochapfel, Match, CD Wopela, dist. L'autre distribution, à paraître le 16 octobre en numérique et le 13 novembre en CD