Le ciné-club de Carlotta

Il faut du temps pour assimiler ce que je reçois ou ce à quoi j'assiste, tout en préservant l'espace nécessaire à mon travail. Aujourd'hui, je suis plus souvent devant mon clavier d'ordinateur que devant celui de huit octaves. Écouter un disque m'accapare moins que visionner un film, la lecture étant l'activité la plus chronophage si je désire en rendre compte. Relater mes sorties est une autre histoire ; "en ville", la durée de la découverte n'empiète pas sur mon planning domestique ! C'est ainsi que j'appelerais l'entretien de la maison, mais surtout mes activités musicales au studio GRRR. En regard, j'imagine l'attention que réclame ma logorrhée pour mes lecteurs et lectrices !

Me voilà donc débordé par la projection des films que je reçois, essentiellement de la part de Carlotta, les autres éditeurs ignorant probablement mon activité en ce domaine. Cela tombe bien, car les publications en DVD et Blu-Ray de celui-ci embrassent le plus souvent l'aspect cinéphilique qui me transporte. Cela ne m'empêche pas de regarder les nouveautés cinématographiques ou les séries télévisées, mais j'adore accompagner mes visionnages de films avec les compléments qui les accompagnent, documentaires que l'on ne trouve que sous le format physique (physique s'oppose au virtuel de toutes les chaînes d'abonnement, mais aussi à la projection commerciale en salles), et Carlotta s'en est fait une spécialité, à l'image de l'américain Criterion que j'avais l'habitude de suivre il y a déjà bien longtemps.

Le monumental Jeunesse (lien externe) du Chinois Wang Bing dure près de douze heures. Je trouverais bien un jour et une nuit pour suivre le tryptique Le printemps, Les tourments et Retour au pays, car je déteste m'arrêter en chemin (À l'ouest des rails durait déjà neuf heures). Je le signale, mais le pack est déjà épuisé. Les concessions des ayant-droits à un éditeur sont limitées dans le temps et les pressages sont de moins en moins importants. Il faut souvent sauter sur l'occasion.

Si Un été chez grand-père (lien externe) (source d'inspiration majeure pour Miyazaki et son Mon voisin Totoro) de Hou Hsiao-hsien est sorti en juillet, Poussières dans le vent et le coffret de ses six œuvres de jeunesse ne sont plus disponibles qu'en DVD (Blu-Ray épuisés, également totalement épuisés Un temps pour vivre, un temps pour mourir et Les fleurs de Shanghaï). Si vous êtes restés aux DVD, il va vous falloir acquérir un lecteur Blu-Ray, car les nouveautés ne sortent plus que dans ce format. Il en va ainsi du coffret Nouvelle vague du cinéma indien (lien externe)(5 films qui devraient me passionner), de celui de Daniel Schmid (lien externe) (revoir La Paloma et découvrir les deux autres), de The Neon People (lien externe) de Jean-Baptiste Thoret (Las Vegas souterrain), de Hsi Shih : la plus belle de toutes (lien externe) du Taïwanais Li Han-hsiang (même si les trouvailles asiatiques de Carlotta ne sont pas toujours des chefs-d'œuvre), de Les Filles (lien externe) de la Sri-lankaise Sumitra Peries (les films réalisés par des femmes, longtemps stupidement sous-estimés sont souvent des révélations ; voir tous ceux de Agnieszka Holland, Lina Wertmüller, Ildikó Enyedi, Anna Muylaert, Françoise Romand, etc. ; inutile de citer Agnès Varda, Věra Chytilová, Kathryn Bigelow, Alice Guy, Germaine Dulac, Shirley Clarke, Mira Nair, Chantal Akerman, Catherine Breillat, Maïwenn, Dominique Cabrera, etc., svp n'en rajoutez pas, j'ai écrit ces noms-là comme cela venait, mais il y en a des milliers à découvrir).

Le vidéo-club en ligne de Carlotta, hébergé par la plateforme Sooner (lien externe), ne permet pas pour autant de visionner la plupart de ceux que vous avez manqués.

Je ne suis moi-même pas passé au 4K UHD, nouveau format qui a l'avantage de ne pas avoir d'encodage régional (j'ai un vieux lecteur DVD multizones, mais sinon ce zonage est une plaie). Amateur de films qui furent jadis tournés sur pellicule, j'avoue ne pas faire attention à la définition qu'offrent les nouveaux formats. C'est le contenu qui m'intéresse et non le matériel qui sert à la projection. J'imagine que cela peut montrer quelque intérêt pour des films de super-héros récents, mais franchement je m'en bats les deux yeux.

J'ignore encore dans quel ordre je vais me rattraper, car je n'ai pas encore regardé tous les Mai Zetterling (lien externe), tous les Ann Hui (lien externe) (épuisé) et plusieurs venus des Philippines... Pas question de les chroniquer avant d'avoir tout vu, compléments compris (puisque c'est le grand "plus" qui me fait préférer les éditions physiques aux films que je télécharge, évitant autant que possible le streaming glouton en énergie).

Quand je pense que j'ai commencé à rédiger cet article, parce que je n'avais rien à dire...

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