Mon titre n'a rien à voir avec l'Exposition universelle de Paris de 1889 où furent présentés armes, colliers en dents de chien ou de cochon, ornements de nez et d'oreilles, monnaies de coquillages, crochets à suspension, amulettes et figures d'ancêtres. Ici il y a pourtant un lien, puisque j'attendais avec impatience que mon petit-fils arrive à Paris pour quelques jours des vacances scolaires. La capitale offre des possibilités infinies pour découvrir le monde et ses mystères. Cette fois-ci, j'avais programmé le Musée de l'Homme (le Quai Branly, c'était la fois précédente), l'Aquarium du Trocadéro, le Musée de la Chasse et de la Nature, des enregistrements de musique au studio, des nouvelles lectures et des visites de copains de son âge, huit ans et demi.
Le Musée de l'Homme (lien externe) était une bonne idée, même s'il est un peu petit pour en apprécier la profondeur. La vue sur la Tour Eiffel y est exceptionnelle, puisque nous jouons aux touristes. Pour déjeuner, il avait insisté pour des sushis. Au dîner de la veille, nous avions concocté ensemble des sobas en potage avec algues, courgettes, shitakés et fines tranches de veau. L'Aquarium de Paris (lien externe) est superbe, en particulier pour sa collection de méduses, mais le prix est vraiment très élevé. Le jeune homme a passé une demi-heure à y caresser les énormes carpes koi, attraction que les enfants adorent. Une gamine a même réussi à plonger le tête la première, récupérée in extremis par ses parents, mais y a pas de sushis. Le métro fait également partie de l'exotisme parisien et nous finissons la journée devant Keaton et L'âge de glace. Il y aura d'autres films plus tard.
Le lendemain, nous passons la matinée au studio. Eliott y enregistre Le rap à huit ans pour lequel il construit seul l'instrumental et chante par-dessus en improvisant les paroles. C'est parce qu'il chante véritablement, avec sa voix d'enfant, que son morceau est convaincant, tranchant avec le flow scandé de la plupart des rappeurs. Son modèle est Polnor et le Tching Tchong Crew (lien externe) dont les débuts, très jeunes, étaient époustouflants. Pour beaucoup d'artistes, qui grandissent et atteignent une maîtrise, même parmi les plus grands, le risque est d'avoir envie de plaire à ses copains et de rentrer dans le moule du formatage. Mon conseil à ces jeunes poètes est de n'en faire qu'à leur tête, et de ne jamais déroger à cette règle.