Méditation hardcore avec Erwan Keravec

Âmes sensibles s'abstenir. Le nouvel album du sonneur Erwan Keravec (lien externe) exige un abandon total. Il faut être capable de sortir de son corps si l'on ne veut pas être étouffé dans une claustrophobie absolument contraire à l'expérience. Après avoir interprété Heiner Goebbels, Pierre-Yves Macé, Frédéric Aurier, Eliane Radigue, Philip Glass et Terry Riley (son In C pour vingt sonneurs est probablement son chef d'œuvre), Erwan Keravec signe la composition de ses derniers albums, dont ce There will be no miracles here (lien externe) dont le titre emprunté à une œuvre minimaliste du plasticien Nathan Coley (la pochette) annonce bien la couleur : il n'y aura pas de miracle. Au fur et à mesure du drone de 47'52, le son des bourdons des sept cornemuses et des trois frotteurs de bassins enflera comme une étoile brûlante et finira par se consumer pour ne laisser derrière elle qu'un trou noir. Comme la plupart d'entre vous n'ont pas eu la chance d'entendre La Monte Young (lien externe) et Marian Zazeela (lien externe) en direct comme j'ai pu le faire à la Fondation Maeght à l'été 1970 et que leurs disques sont relativement difficiles à trouver, c'est l'occasion de rencontrer leur cousin breton.

→ Erwan Keravec, There will be no miracles here, CD Buda Musique, dist. Socadisc, sortie le 16 octobre 2026

Article CITIZEN JAZZ (lien externe)