Gábor Gadó / Veronika Harcsa Sextet, Yügen

Yügen (lien externe), le second album du guitariste et compositeur Gábor Gadó (lien externe) avec la chanteuse Veronika Harcsa (lien externe) est encore plus réussi que le précédent, Shekhinah. À un musicien près, c'est à peu près le même sextet, un ensemble soudé, sans section rythmique, qui réussit merveilleusement le mariage du jazz (tel qu'on l'entend aujourd'hui, soit une liberté extraordinaire, s'étant affranchi du swing américain) et de la musique contemporaine. De ce côté, la Hongrie peut s'enorgueillir d'avoir donné naissance à Bartók, Ligeti et Kurtág en fers de lance sans oublier Liszt, Kodály, Dohnányi ou Eötvös. Les compositeurs actuels de la Mitteleuropa (lien externe), on est ici à son cœur, sont nombreux à suivre leurs aînés. J'imagine que la résistance aux quinze ans du régime d'extrême-droite d'Orbán (lien externe) a dû s'exprimer par une poussée créatrice vitale. La musique de Gábor Gadó, sur des paroles d'un Anglais installé là-bas, Richard Robinson (lien externe), est à la fois romantique et critique, articulée et suspendue. Le piano de Máté Pozsár ajoute une réminiscence classique à la modernité des tonalités et des timbres. Le saxophoniste-flûtiste János Ávéd, le trompettiste Laurent Blondiau et le violoncelliste Tamás Zétényi étaient déjà de la partie. Leur complicité porte l'ensemble à un niveau qui défie les genres. Tout sonne avec un naturel déconcertant.

→ Gábor Gadó - Veronika Harcsa Sextet, Yügen (lien externe), CD BMC Records, dist. Socadisc

Article à paraître sur CITIZEN JAZZ (lien externe)