Après la publication en CD des quatre volumes rassemblant une pièce de chaque album virtuel, enregistrés avec une soixantaine de musiciens/ciennes improvisateurs/trices de 2010 à 2024, je n'avais plus envie de continuer la série des Pique-nique au labo (1/2 (lien externe)- 3 (lien externe) - 4 (lien externe)) qui s'était transformée en concerts publics avec les Apéro Labo. J'étais si certain de la réussite de l'entreprise que, sans l'indispensable prise de risque, l'expérience ne me disait plus rien. La nécessité du danger a toujours représenté le moteur de mes envies créatrices. J'ai l'habitude de dire que lorsque je sais je gère, mais dans l'ignorance je crée. Pas d'autre choix que de trouver des solutions face à mes incommensurables incompétences ! Les 40 albums virtuels, offerts à l'écoute et au téléchargement sur drame.org (lien externe) et Bandcamp (lien externe), sont livrés sans montage et dans l'ordre où les pièces furent jouées. La réussite consiste à mettre mes invité/e/s dans une ambiance dégagée de toute autre contingence que le plaisir de jouer ensemble. "Nous jouons pour nous rencontrer, et non l'inverse, comme il est d'usage." Ce sont le plus souvent des trios où mes deux invité/e/s n'ont jamais improvisé de concert. J'eus encore quelques velléités début 2025 en transformant le son du violon de Fabiana Striffler (lien externe) en temps réel, et pour le trio Les déments (lien externe) formé avec le saxophoniste Lionel Martin et le comédien Denis Lavant, double CD qui nous valut le Grand Prix de l'Académie Charles Cros. Deux ans plus tard, et après quelques rares apparitions sur scène avec Amandine Casadamont (lien externe) ou lorsque Nicolas Chedmail (lien externe) ou bien Gingembre Electric (lien externe) eurent la gentillesse de m'inviter, l'envie de rejouer avec d'autres a recommencé à me démanger. De même que je ne reste jamais figé devant une page blanche, laissant l'inspiration être la maîtresse de mon planning, je ne me force jamais à quoi que ce soit. La passion est mon seul guide, et lorsque l'évidence se pointe, je suis d'une rapidité fulgurante. À tel point que l'album est mis en ligne quelques jours seulement après notre rencontre.
Il aura donc suffi que le guitariste Martial Bort (lien externe) me sollicite pour que la machine se remette en marche. Le contrebassiste Bruno Chevillon (lien externe) devrait nous rejoindre en janvier, comme la flûtiste Delphine Joussein (lien externe) qui participera à une troisième séance. Mais, aujourd'hui, pour la première de ce retour aux manettes live, j'enregistre un nouvel album avec le saxophoniste-flûtiste François Jeanneau (lien externe) et Paolo Rezzé. Je n'ai pas la moindre idée de ce que nous jouerons avec le jeune violoncelliste, suggéré par mon ami Vincent Segal, et avec le fringant nonagénaire au soprano et à la flûte, qui fut son professeur au CNSM et un camarade très proche de Bernard Vitet (lien externe) (dit Babar à l'époque, début des années 60). L'idée est toujours de découvrir ou tirer au hasard le thème de nos improvisations juste avant chacune. Pour cette fois, je pense leur proposer de nous inspirer d'œuvres d'art brut ou d'un livre d'illustrations plus récent. Rien n'est encore fixé. J'ai seulement choisi une instrumentation qui colle avec celles de mes deux invités (par exclusion, j'évite les flûtes et les anches, et j'inaugure certains de mes nouveaux jouets) et installé le Studio GRRR pour qu'il soit le plus confortable possible. J'ai également préparé le déjeuner en fonction du régimes des uns et des autres, donc végétarien sans gluten ; il faut que ce soit bon, sans prendre trop de temps à cuire, avec un peu de préparation la veille, tout comme la musique que nous jouerons !